‹ A travers le monde romainChapitre 18 sur 30 · ÉROS CITHARÈDE DE MAHEDIA · texte numérisé non relu

ÉROS CITHARÈDE DE MAHEDIA

NAUFRAGES d'oBJETS d'aRT DANS L ANTIQUITÉ 257

mince, musclé et nerveux, au cou puissant. Il court, légèrement penché en avant, les cheveux en broussaille soulevés par le vent, les narines dilatées, la bouche enlr'ouverte. Tout, en lui, respire la vigueur et la jeunesse.

Un grand nombre de fragments, une plaquette de bronze avec deux griffons affrontés, deux monnaies d'Athènes, en cuivre, dont l'une est fruste, dont l'autre date des environs de l'année 200, un saumon de plomb à légendes latines, des tessons de grandes amphores, complètent la série des dernières découvertes.

Partout ailleurs ces débris de meubles, ces appliques, ces masques de divinités, de bacchantes, de satyres rieurs retiendraient l'attention. Comparés aux pièces capitales que je vous ai décrites en peu "*de mots, ils s'effacent presque et leur intérêt s'atténue. L'œil reste fixé sur ces statues, sur ces têtes de bronze et de marbre, d'une valeur inestimable, enfants du génie grec et tout empreints de sa pénétrante poésie, qu'un bateau emportait sous un ciel étranger.

A la fin de ses Verrines, Cicéron, s'adressant à tous les dieux victimes des vols du gouverneur de Sicile, les supplie éloquemment de frapper le coupable et d'arracher aux juges sa juste condamnation. Qui sait si le naufrage de Mahedia n'est pas aussi une vengeance de Dionysos, d'Éros ou de Pallas, protectrice des Athéniens?

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