Wahl, L'Algérie, loc. cit
Revenons à l'époque romaine. La défaite de Tacfarinas entraîna une nouvelle extension de la province. Les contrées voisines des chotts tunisiens, jusque-là indépendantes et oi^i l'aventurier avait trouvé un asile assuré et les moyens de recommencer chaque année la lutte, furent a:inexées aux possessions de l'Empire et soumises à un tribut annuel. Nous en avons retrouvé récemment la preuve. M. le commandant Donau, un des officiers qui ont le plus fait pour la connaissance du Sud tunisien antique et moderne, avait remarqué, au cours de ses voyages dans les régions qui se nomment Chareb et Bahira, un certain nombre de bornes, fichées dans le sol; certaines portaient à la partie supérieure deux lignes en croix, l'une gravée dans la direction Nord-Sud, et l'autre Est-Ouest ; en creusant la terre tout autour, pour les dégager, il s'aperçut qu'elles portaient des mots latins. On y lisait : « La légion troisième Auguste a établi ce cadastre, C. Vibius Marsus étant proconsul pour la troisième fois. » Au-dessous sont indiquées les distances de chacune de ces bornes aux deux lignes Nord-Sud et Est-Ouest,qui constituaient sur le terrain la base de l'arpentage. Elles affirment, par un signe indéniable, la mainmise du gouvernement romain sur ces parages désertiques et nous prouvent l'institution d'un impôt terrien frappé dorénavant sur les populations sédentaires ou nomades du pays.