‹ A travers le monde romainChapitre 3 sur 30 · JULIA DOMNA, FEMME DE SEPTIME SEVERE · texte numérisé non relu

JULIA DOMNA, FEMME DE SEPTIME SEVERE

FIGURES d'impératrices ROMAINES 95

impérial, sont les vraies souveraines de la société cosmopolite, où toutes les traditions se confondent et les vraies représentantes des tendances multiples qui travaillent les âmes de leurs comtemporains. » La plus remarquable de ces femmes fut assurément Julia Domna ; aussi Septime Sévère lui témoigna-t-il constamment les plus grands égards, que justifiaient ses éminentes qualités. Il la consultait dans les choses du gouvernement ; elle l'accompagnait dans ses expéditions, toujours prête à le seconder. D'ailleurs,elle ne se laissait point absorber parla politique ; elle s'inquiétait des idées et des croyances qui couraient le monde, elle était entourée de beaux esprits avec qui elle conversait philosophie et mysticisme. » Ce fut un véritable salon qu'elle organisa, dans le genre de ceux qui illustrèrent certaines cours d'Italie à la Renaissance, une réunion de beaux esprits comme les courtisanes grecques du siècle de Périclès ou les femmes célèbres du xviii® siècle en France en avaient constitué... Toutes les variétés du monde littéraire et toutes les anciennes civilisations amalgamées dans le vaste organisme romain y étaient représentées. Il avait des poètes comme Oppien et Gordien, des savants comme Galien, des érudits comme Serenus Sammonicus, des conteurs comme Elien. La jurisprudence et la philosophie sociale y paraissaient en la personne de Papinien, d'Ulpien ou de Paul, l'histoire avec Dio-

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gène de Laerte et peut-être Marius Maximus, la pédagogie avec Aiitipater de Hiérapolis, précepteur des fils de l'empereur ; la littérature et la philosophie y figuraient sous la forme de nombreux sophistes, au milieu desquels brillait Philostrate de Lemnos, le causeur préféré de l'impératrice...

« Septime Sévère ne dédaignait pas d'y paraître ; il aimait les lettres... quand il en avait le temps, et récompensait volontiers ceux qui, par leurs talents, contribuaient à l'illustration de son règne... Étrange spectacle, en vérité, pour celui qui peut le contempler des hauteurs de l'histoire, que cette brillante réunion de parvenus de la fortune ou des lettres, ce salon romain où un fils de l'Afrique occupe le trône des Césars et la petite-fille d'un prêtre syrien tient le sceptre de l'esprit parmi les successeurs des classiques d'Athènes et de Rome (1). »

Julia Domna avait de Septime Sévère deux fils, Caracalla et Géta. Afin de les initier à la pratique des affaires, leur père commit la faute de les appeler tous deux à partager Tempire, alors qu'ils sortaient à peine de Tenfance ; on ignore s'il avait suivi en cela sa propre inspiration ou s'il avait cédé aux conseils de sa femme ; on sait seulement qu'elle avait pour le cadetGéta, nature aimable et esprit ouvert, un penchant bien mar-

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