DÉCORATION INTÉRIEURE DUS MAUSOLÉE DE CHAH-ZIKDÉ
de ses murs se découpe le haut panneau grillé derrière lequel est la tombe de Châh-Zindé, autrement dit du « Roi vivant ».
La légende veut en effet que Châh-Zindé ne soit pas mort et qu'il continue, depuis dix siècles, à vivre dans les profondeurs de la terre.
Son nom était Kousam-lbn-Abbas et on l'appelait aussi le « Seigneur des Braves ». Premier propagateur de l'islam parmi les disciples de Zoroastre en Asie Centrale, il fut un jour trahi par les événements, alors qu'il se trouvait avec les chefs de son armée et de nombreux fidèles rassemblés pour la prière du Kourban-Namaz ,J", à Namaz-Ga, près de Samarkand.
Assaillis et cernés par les mécréants, les Musulmans furent tués sur place en grand nombre. Quelques-uns purent fuir, parmi eux Châh-Zindé. Ayant
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GRANDS MONUMENTS DE SAMARKAND
découvert une brèche dans la muraille, il regagna la ville et arriva, du côté nord-est, à l'endroit où se trouve maintenant son tombeau.
Là, seul et sans secours, il tint tête aux ennemis en brandissant un glaive arraché des mains de leur chef; mais, malgré des efforts héroïques, il allait succomber devant le nombre. Levant alors les bras au ciel, il supplia Dieu de le sauver. Aussitôt apparut un vieillard en robe blanche, qui lui dit : « Paix soit avec toi ; regarde et apprends. Je suis Abou-i-Abbas, el- Khizr''0', venu par ordre de Dieu, le Très Glorieux et Très Saint. Il veut te sauver des mécréants. Fais un signe, et la terre te donnera un asile où tu connaîtras la puissance du Très-Haut. »
Le « Seigneur des Braves » fit le signe indiqué et il vit un puits creusé à ses pieds.
Le vieillard lui dit encore : ■ Dieu t'ordonne de descendre dans ce puits et d'y rester jusqu'aux temps de la venue de Jésus1)'). Tu voueras ta vie au respect et au culte de Dieu. J'y serai avec toi ainsi que les âmes du monde des esprits. Hâte-toi maintenant. »
A la stupéfaction de ses ennemis qui allaient l'égorger, Châh-Zindé disparut dans le puits, et les pierres qu'ils y jetèrent ne purent l'atteindre ni combler l'orifice.
Cette légende (5Jj est confirmée chez les Musulmans par une histoire tragique que savent les vieux moullah de Châh-Zindé et dont un soldat de Tamerlan fut le héros et le martyr.
Tamerlan, en conquérant sceptique, voulut approfondir le mystère du lieu vénéré. Un de ses soldats, appelé Khida, consentit, contre la promesse de fortes récompenses, à descendre dans le puits et à l'explorer. 11 en revint sain et sauf, mais rempli d'une telle épouvante qu'il refusa de rien révéler de ce qu'il avait vu, disant qu'il en avait reçu la défense formelle, sous peine de devenir aveugle, ainsi que tous ses descendants.
Tamerlan lui fit alors les offres les plus séduisantes ; il lui promit, s'il livrait son secret, de faire construire un grand médressé qui deviendrait l'habitation de tous ses descendants aveugles ; de lui donner un jardin immense qui porterait son nom; il promit enfin de le doter, lui et sa
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