LES FALAISES DE SIAB
manes qui puissent circuler sans voile, elles s'accroupissent par petits groupes ou en files espacées le long des routes, et, sans bouger de leur place, elles sollicitent l'aumône des passants.
Plus avant dans la campagne, on atteint les pentes de la colline de Tchoupan-Ata et le lit du Zerafchan, grandiose en ces parages désormais
CAMPAGNE ET PAYSAGES
historiques. De l'heureuse traversée de ce fleuve dépendait, en 1868, la prise de Samarkand par les troupes russes que surveillaient les armées musulmanes massées sur la colline. Le courant du fleuve, extrêmement rapide, forme une infinité de bras parallèles séparés par des bancs de sable et de
galets, et qu'il est impossible de franchir autrement qu'à cheval ou en arba. Le passage est souvent dangereux au moment des fortes crues, et nécessite même toujours la connaissance exacte des gués les moins profonds. 11 serait fort imprudent de s'y aventurer sans l'aide d'un indigène.
Près de cet endroit, le chemin de fer longe maintenant le fleuve et frôle presque une superbe arche ogivale qu'on appelle, — à tort ou à raison, — le « pont de Tamerlan ». Il y a quelques années une seconde arche semblable existait encore, accolée en retour et à angle droit à celle que l'on voit aujourd'hui. Était-ce vraiment l'amorce d'un pont détruit depuis longtemps, ou n'est-ce que le dernier fragment d'une construction destinée à briser le courant et à faciliter la répartition de ses eaux? On ne le sait pas au juste, et les avis sont partagés sur ce point.
Toujours est-il que le Zerafchan se divise en deux grands bras principaux près de la colline de Tchoupan-Ata, et que le double courant du fleuve