‹ A travers le Turkestan russeChapitre 57 sur 92 · CROUPE DE SARTES A MARGHELAN · texte numérisé non relu

CROUPE DE SARTES A MARGHELAN

Types et Costumes

Les champs et les cimetières du Turkestan contiennent tant de débris humains, épars ou superposés, que l'on pourrait sans doute y trouver des restes de la plupart des peuples si distincts qui se sont succédé dans ce pays, — de tous les pays du monde celui qui a vu le plus de migrations et d'invasions.

Iraniens de diverses origines, Tatars Yué-TchK Huns blancs ou Ephthalitcs. Arabes, Mongols et Turks de différentes provenances reposent, depuis des siècles, dans les profondeurs secrètes d'un sol imprégné du sang que firent couler de perpétuelles batailles et d'innombrables massacres.

Les pacifiques habitants du Turkestan actuel sont donc le résidu plus ou

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moins mélangé des deux grandes races opposées qui se sont rencontrées et perpétuées au cœur de l'Asie Centrale, et ils représentent, en résumé, ce qui subsiste des vieilles populations iraniennes autochtones, ainsi que des populations turkes, immigrées de plusieurs points du continent asiatique.

Celles-ci, comme il a été dit plus haut, ont commencé à s'implanter au vi' siècle lors de leur première invasion.

Les populations iraniennes, au contraire, étaient déjà établies ici depuis les temps préhistoriques, entièrement obscurs pour nous, et elles ont présidé aussi aux civilisations qui se sont suivies jusqu'à l'arrivée des conquérants arabes. Car après les expéditions d'Alexandre de Macédoine, pendant

la durée de l'empire

gréco-bactrien , comme sous la domination des Yué-Tchi et des Ephthalites, ce sont les Iraniens qui ont continué à représenter en majorité la grande famille aryenne dans ces contrées de Bactriane et de Sogdiane.

De toutes les invasions qui, avant et après notre ère chrétienne , ont bouleversé l'Asie Centrale, celle des Arabes fut la plus significative, par rapport à l'état social du pays. Elle eut lieu presque au lendemain des victoires remportées par les premiers

UN CULTIVATEUR TADJIK DE BOUKHARA* SUCCeSSeUTS dll Prophète

UN MOULLAH TADJIK DE KOKAS.

en Syrie et en Asie Mineure, et elle eut pour résultat l'installation définitive de l'Islam en Asie Centrale.

La religion de Mahomet, en supprimant de suite le culte de Zoroastre (et plus tard aussi le Christianisme, répandu ici par les Nestoriens i, devint dès lors et resta jusqu'à nos jours, c'est-à-dire jusqu'à l'ouverture toute récente

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de la contrée aux influences occidentales, la base de la civilisation locale.

Cette base fut si solide que, malgré les autres invasions turkes, successives et recrudescentes, non seulement la doctrine de Mahomet, et la civilisation créée par elle, ne disparurent point, mais que les envahisseurs nouveaux les adoptèrent eux-mêmes au lieu de les détruire.

C'est ainsi que les Turks, en prenant possession de ces riches contrées cultivées depuis de longs siècles par les Iraniens, devinrent en partie — de nomades aventureux qu'ils étaient, — des agriculteurs sédentaires et même des citadins. De môme aussi les Turks-Ouzbeg subirent, comme tous les envahisseurs précédents, l'influence morale de la vieille race autochtone, —

ou du moins de ce qui en restait au xvie siècle, — lorsqu'ils conquirent le pays à leur tour <6-".

A l'heure présente, en effet, les Turks forment la grande masse de la population du Turkestan. Ils se divisent en quatre groupes principaux : les Kirghiz, les Turkomans, les Kiptchak et les Ouzbeg.

Les Kirghiz, extrêmement nombreux, se subdivisent eux-mêmes en Kaïsak ou Kirghiz des steppes, et en Kara-Kirghiz ou Kirghiz des montagnes. Nomades et pasus CULTIVATEUR OUZBEG DK TACHKEXT. leurs , îls OCCUDent le

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nord-ouest de la Transcaspic, les provinces du Syr-Daria et de la Sémiretchic , ainsi que les régions montagneuses du Ferghana.

Les Turkomans (ou Turkmènes) , qui dominent dans la Transcaspie, ne font guère que de l'élevage de bestiaux et de chevaux, comme les Kirghiz.

Les Kiptchak habitent une partie du Ferghana, de même que les Ouzbcg. Ceux-ci, de plus, occupent en majorité la province de Samarkand et une partie de celle du Syr-Daria. Les Ouzbeg sont presque tous

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sédentaires.

Il est à remarquer que, par suite des invasions des Turks-Ouzbeg, au cours desquelles le gouvernement de l'Asie Centrale passa aux mains de leurs chefs, les Khans dépossédés par les Russes étaient des Ouzbcg. La famille régnante actuelle du Khanat de Boukhara est de la même origine.

Quant à la fraction de population qui perpétue encore d'une manière relativement pure l'élément iranien, elle est représentée par les Tadjik. Ceuxci résident surtout dans la province de Samarkand et peuplent une grande partie de la Boukharie. Les Galtcha, autre ramification iranienne, sont fixés aux Pamirs.

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En outre de ces éléments principaux, il faut citer plusieurs peuplades, telles que les Tarantchi qui cultivent les oasis de la Sémiretchié ; les Doungan, Musulmans chinois qui se sont établis récemment dans la même province ;

les Kara-Kalpak que l'on

[M AKSAKAL (OUÏBEG) d'aSDIJAN.

trouve au Ferghana et sur les rives de l'Amou- Daria; et quelques descendants des premiers conquérants arabes, disséminés de divers côtés.

Enfin, répandus parmi les habitants des grandes villes, il y a des Juifs , des Arméniens , des Persans, des Hindous, des Afghans, des Tsiganes, et surtout des Tatars, venus de la région de Kazan.

Au courant des lois russes ainsi que des préceptes du Coran, les Tatars sont Sounnitesl6*) comme tous les Musulmans d'Asie Centrale ; très actifs et entreprenants, ils savent se rendre utiles de manières multiples, et arrivent rapidement à des situations lucratives. Ils sont souvent traducteurs et interprètes officiels des autorités russes.

Ce chapitre visant directement les habitants sédentaires des villes et des campagnes, il y sera surtout question des Tadjik et des Ouzbeg ou, pour

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