UNE FEMME OU/BEC DE TACHKENT EN MANTEAU , LE VOILE RELEVÉ
presque toujours ou à califourchon sur un âne, ou assises dans un arba et accompagnées de personnes de leur famille.
Mais dans les ruelles calmes des quartiers suburbains, on en rencontre souvent à pied et on peut même, quelquefois, apercevoir de loin un coin de leur figure car, — filles d'Ève comme les femmes d'Europe, — elles sont curieuses et, si elles ne se croient pas observées, se retournent volontiers pour écarter ce vilain tamis noir et regarder l'étranger qui passe.
TYPES ET COSTUMES
Les femmes sartes mènent une existence semblable à celle de toutes les Musulmanes, sinon peut-être plus sévère encore, et on les plaindrait certainement, si on ne se disait qu'elles sont habituées au rôle exclusif de servantes qu'elles jouent auprès de leur mari.
Ceux-ci sont volontiers polygames, puisque la vie n'est pas chère au Turkestan. Un Sarte qui dispose d'un budget annuel de mille à douze cents francs, peut facilement nourrir deux femmes, sa mère, une petite servante, deux ou trois domestiques et avoir encore un cheval de selle, qu'il soigne avec autant de sollicitude que les membres de sa famille.
Un Sarte plus riche entretient jusqu'à trois et quatre femmes.
En résumé, il n'y a aucun moyen de se rendre compte du type féminin d'une façon exacte ou complète. Parmi les courtisanes les véritables beautés sont rares, et il faut souhaiter pour les Sartes que leurs femmes légitimes aient plus d'attraits que celles-ci.
Il doit même en être ainsi, à en juger par les fillettes de dix ou onze ans, qui circulent encore non voilées et qui sont souvent fort jolies. A l'âge de douze ans, on leur impose le masque de crin et on les marie bientôt après.