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LE DARWINISME OU L’HOMME-SINGE

Ils ont voulu pécher avec raison, c’est-à-dire se justifier et se tranquilliser dans le mal. C’est ainsi que Bossuet (1), s’explique l’incrédulité systématique de son temps et les doctrines de ceux qu’il appelle les libertins. Cela est toujours vrai. C’est encore ce qui explique le succès des absurdes doctrines matérialistes qui obtiennent si facilement crédit aujourd’hui. Non, ce n’est pas à l’esprit humain, à la raison qu’il faut s’en prendre de ces aberrations. Laissées à elles-mêmes, ces facultés vont naturellement au vrai. Mais trop souvent, hélas ! elles cèdent aux suggestions de la volonté corrompue, elles se laissent gagner aux perversions du cœur et se font ses complices. Le sensualisme dans les mœurs appelle le matérialisme dans les doctrines.

Toutes ces théories dégradantes, qu’on peut dire justement renouvelées des Grecs , se présentent aujourd’hui sous un nom nouveau. Un docteur d’outre-Manche ayant brodé sur le vieux thème matérialiste quelques variations fantaisistes et burlesques, elles ont arboré son nom comme drapeau. Et elles ont l’outrecuidance de se présenter comme la science nouvelle, comme la science même.

* Cet article a été publié, dans l'Ordre et la Liberté de Caen, le 44 mars 4877.

(4) Oraison funèbre d’Anne de Gonzague, princesse Palatine.

A TRAVERS LE XIXe SIÈCLE

Heureusement, si leurs adeptes sont nombreux, s’ils peuvent se dire légion, ils n’ont ni l’autorité du nom ni le prestige du talent.

Les apôtres du Darwinisme, ce sont les discoureurs de table d’hôte ou d’estaminet, les bohèmes de la presse et du journalisme, tandis que les tenants de la science spiritualiste et chrétienne sont les noms les plus illustres du siècle, les Cuvier, les Agassiz, lesElie-de-Beaumont, les Flourens, les Dumas, etc. Aujourd’hui, c’est le docteur Constantin James qui vient à son tour élever la voix au nom de la vraie science et confondre ceux qui, sans droit et sans mission, prétendent la représenter. C’est lui qui nous fait connaître véritablement son dernier mot sur les grandes questions qui préoccupent l’esprit humain, l’origine du monde, la genèse et les caractères distinctifs des espèces vivantes, la place et le rang qu’occupe l’homme au sein de la nature.

C’est par une exposition nouvelle de l’état de la science sur ces questions qu’il fait bonne justice du Darwinisme, plutôt que par une réfutation directe et une discussion corps à corps, honneur auquel une semblable doctrine n’a vraiment pas droit.

Pour Darwin et son école, le monde et les êtres qu’il renferme ne sont pas l’œuvre, d’une intelligence créatrice. La matière s’est organisée elle-même. Tout part d’un type unique. Une sorte de vésicule germinative a été le point de départ de tout être vivant. L’individualité de chaque être a été la conséquence des conditions physiques où a été placé à l’origine l'ovule dont il émane. C’est par une suite d’évolutions et de transformations que les espèces sont arrivées à l’état de perfection où nous les voyons aujourd’hui.

Tout le règne vertébré auquel nous appartenons a pour ancêtre, d’après Darwin, un poisson auquel il donne le nom d’Amphiaxus ; et notre ancêtre le plus immédiat, c’est le singe. L’homme est un singe perfectionné.

A ce roman fantaisiste sur l’origine et la nature des choses, le docteur Constantin James oppose l’histoire et les traditions

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