‹ À travers les déserts de la Tartarie et les neiges du Thibet [microform]Chapitre 47 sur 114 · chapitre j^uitièniE · texte numérisé non relu

chapitre j^uitièniE

Après une navigation longue, pénible et remplie de dangers, nous parvenons de l'autre côté de ce grand bassin. Samdadchiemba, arrivé depuis longtemps, nous attendait au milieu de la vase qui encombrait la rive ; à cause du peu de profondeur des eaux, la barque, ne pouvant aller jusqu'à terre, s'arrêta à une trentaine de pas du rivage.

Samdadchiemba conduisit nos montures tout près de la barque ; M. Gabet sautant sur le cheval, et M. Hue sur le mulet, nous regagnâmes la terre, sans être obligés de nous hisser sur les épaules d'autrui, comme le batelier nous le proposait.

Le soleil était sur le point de se coucher. Nous eussions bien désiré camper aussitôt, car nous étions exténués de faim et de fatigue, mais ce n'était pas possible; nous avions, nous disait-on, dix lis à faire avant de nous débarrasser de la boue et des marais. Nous chargeâmes donc nos chameaux, et nous achevâmes dans la peine et la souffrance cette journée de misères. Il était nuit close quand nous pûmes dresser la tente; les forces nous manquèrent pour préparer notre nourriture accoutumée ; de l'eau froide et quelques poignées de petit millet grillé furent tout notre souper. Après une courte prière, nous n'eûmes qu'à nous coucher pour nous endormir profondément. '

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