‹ À travers les déserts de la Tartarie et les neiges du Thibet [microform]Chapitre 55 sur 114 · chapitre tif^ième · texte numérisé non relu

chapitre tif^ième

grande beauté ; puis la fourrure devient longue et épaisse, et le chameau peut braver les frimas les plus terribles. Il fait ses délices de marcher contre le vent du nord, ou de se tenir immobile sur le sommet d'une colline, pour être battu par la tempête et en respirer le souffle glacé. Des naturalistes ont dit que les chameaux ne pouvaient pas vivre dans les pays froids. Nous pensons qu'ils ne parlaient pas de ceux de la Tartarie, que la moindre chaleur abat, et qui certainement, ne pourraient supporter le climat de l'Arabie.

Le poil d'un chameau ordinaire peut atteindre le poids de dix livres. Il obtient quelquefois la finesse de la soie, et toujours il est plus long que la laine de mouton. Il est ordinairement roux, et quelquefois grisâtre ou blanc. Les Tartares le laissent se perdre. Si on en ramasse, ce n'est qu'en petite quantité, pour en fabriquer des cordes et une espèce d'étoffe grossière dont on fait des sacs et des tapis.

Le lait des chamelles est excellent; on en fait du beurre et des fromages. La chair du chameau est coriace, de mauvais goût, et peu estimée des Tartares. Ils tirent pourtant assez bon parti des bosses, qu'ils coupent par tranches et mêlent à leur thé, en guise de beurre. On sait qu'Héliogabale faisait servir dans ses festins la chair de chameau, et qu'il estimait beaucoup leurs pieds. Nous ne pouvons rien dire de ce dernier mets, que l'empereur romain était glorieux d'avoir inventé ; mais nous pouvons assurer que le premier est détestable.

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