‹ À travers les déserts de la Tartarie et les neiges du Thibet [microform]Chapitre 87 sur 114 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Logement dans une maison thibétaine. — Aspect de Lha-Ssa. — Palais du Talé- Lama. — Portrait des Thibétains. — Monstrueuse toilette des femmes, — Produits industriels et agricoles du Thibet. — Mines d'or et d'argent. — Etrangers résidant à Lha-Ssa. — Les Pébouns et les Katchis. — Etat des relations entre la Chine et le Thibet. — Suppositions étranges du public à notre sujet. — Nous nous présentons aux autorités. — Forme du gouvernement thibétain. — Grand Lama de Djachi-Leumbo. — Confrérie des Kelans. — Une prophétie thibétaine. — Mort tragique de trois Talé-Lama. — Aventures de Nomekhan ; sa condamnation. — Révolte de la lamaserie de Sera.

PRÈS dix-huit mois de luttes contre des souffrances et des contradictions sans nombre, nous étions enfin arrivés au terme de notre voyage, mais non pas au bout de nos misères. Nous n'avions plus, il est vrai, à redouter de mourir de faim ou de froid sur une terre inhabitée, mais des épreuves et des tribulations d'un autre genre allaient nous assaillir .au milieu de ces populations infidèles, auxquelles nous voulions parler de

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Jésus mort sur la croix pour le salut des hommes. Après les peines physiques, c'était le tour des souffrances morales. Nous comptâmes encore, pour ces nouveaux combats, sur la bonté infinie du Seigneur. Nous espérâmes que Celui

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qui nous avait protégés dans le désert contre les intempéries des saisons voudrait bien nous continuer sa divine assistance contre la malice des hommes, au sein de la capitale du bouddhisme.

Le lendemain de notre arrivée à Lha-Ssa, nous prîmes un guide thibétain

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certain, c'est que, si cette montagne n'a pix^ le pouvoir de remettre les péchés, elle il du moins celui d'imposer une longue et rude pénitence à ceux qui la franchissent. Nous étions partis à une heure après minuit, et ce ne l'ut que vers dix heures du matin que nous atteignîmes le sommet. Nous fûmes contraints d'aller presque tout le temps à pied, tant il est difficile de se tenir à cheval parmi ces sentiers escar2:)és et rocailleux.

Le soleil était sur le point de se coucher quand nous achevâmes de descendre les nombreuses spirales de la montagne. Nous débouchâmes dans une large \allée, et nous ajDerçûmes à notre droite Lha-Ssa, la célèbre métropole du monde bouddhique. Cette nudtitude d'arbres séculaires, qui entourent la ville comme d'une enceinte de teuillage; ces grandes maisons blanches, terminées en plate-forme et surmontées de tourelles; ces temples n.ombreux aux toitures dorées, ce Bouddha-La. au-dessus duquel s'élève lepalais du Talé-Lama..., tout donne à Lha-Ssa un ;isj)ect majestueux et imposant.

A l'enti'ée de la ville, les ]\Iong()ls que nous avions coiinus en route, et qui nous avaient précédés de quelques jours, vinrent nous recevoii' et nous inviter à mettre pied à terre dans un logement qu'ils nous avaient préparé. Nous étions au 29 janvier 184G; il y avait dix-huit mois que nous étions partis de la Vallée-des-Eaux-Noires.

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