‹ A travers les États-Unis de lA̓tlantique au PacifiqueChapitre 25 sur 31 · LA RÉGION DES PLACBRS · texte numérisé non relu

LA RÉGION DES PLACBRS

passaient ehsemble. « Tues-en un pour toi, dit le Chat « au Lion, et apporte-moi l'autre en vie. » Le Lion leur donna la chasse, et la nuit rentra au logis. « M'appor- « tes-tu un de ces jolis daims vivant ? dit le Chat. — « Non, répondit le Lion, c'eût été trop d'ouvrages ; je « les ai tués tous les deux. » Le Chat en fut tout chagrin, et n'aima plus du tout son frère. Us se séparèrent. Le Chat n'alla plus chasser l'ours et le serpent, et le Lion n'osait plus sortir par peur de ces deux bêtes. Il essaya de se servir de sa balle merveilleuse. Un jour qu'il jouait avec elle et la jetait en l'air, la balle monta, monta et disparut. Ce fut alors que les daims se répandirent par toute la terre, et qu'il n'en resta presque plus en Californie. Le Chat était inconsolable de la perte de sa balle. C'était le temps où les eaux envahirent le pays jusqu'à la cime des hautes montagnes. Le Chat monta sur un arbre. Tout à coup il aperçut la balle pendant à une branche,^omme un fruit. Il la mit, pour ne plus la perdre, dans la peau du serpent qu'il avait emportée. En essayant dépasser une rivière, il vit deux jeunes fiUes de l'autre côté qui faisaient la cuisine. La balle tomba. Une des jeunes filles, qui allait puiser de l'eau dans son panier, la vit courir à la surface, belle et brillante. Elle essaya de la retenir avec le panier. La balle s'échappait toujours. Alors elle appela sa sœur : « Ma sœur, viens m'aider à prendre cette jolie balle. » A la fin, elles s'en emparèrent. Elles avaient peur qu'elle ne s'échappât de nouveau. Elles la gardaient tantôt l'une tantôt l'autre. La nuit elles la mirent dans leur lit, entre elles deux. Elles restèrent longtemps éveillées, en parlant de leur trouvaille. Finalement, elles s'endormirent. Le

matin, en se réveillant, elles ne trouvèrent plus la balle, mais un beau jeune homme couché près d'elles. C'était le premier homme qui parut sur la terre, et il y a de cela bien longtemps. »

Les arbres géants du Galaveras ne sont pas la seule curiosité naturelle à visiter en Californie ; il y a aussi, dans le comté voisin de Mariposa, les chutes de la vallée de Yosemity, les plus hautes, sinon les plus volumineuses du monde. Elle tombent, en trois sauts successifs, d'une hauteur totale de deux mille six cent trentequatre pieds. La première chute atteignant à elle seule seize cents pieds. La vallée est étroite, au plus un mille de large, et elle a huit milles de long ; au fond, les chutes, qui alimentent la rivière Merced. De chaque côté, un rempart de rochers haut de trois mille à cinq mille pieds.

Les mines de mercure de New-Almaden dans le comté de San-José, les geysers du comté de Somona, les sources chaudes de Galistoga dans le comté de Napa, enfin le lac de borax et les solfatares, que l'on rencontre dans le comté de Lake, sont également dignes d'une visite. — Nous parcourûmes New-Almaden en compagnie de quelques amis. On alla de San Francico à San José, au fond de la baie (cinquante-six milles), en chemin de fer. La vue delà mer et des jardins plantureux qui bordent le railway aurait suffi à égayer la route. Cette riche plaine a été appelée à juste titre le Jardin de la Californie. La vallée de New-Almaden, que nous atteignîmes en voiture (seize milles), est elle-même fort pittoresque. Nous campâmes dans un cottage au milieu des fleurs et des arbres. Le lendemain on chassa, on vi^

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