SAINT LOUIS A DENVER
y ont formé une ligne continue d'éminences plus ou moins élevées. Ces éminences ou buttes rocheuses sont entrecoupées de ravins étroits, appelés cañions dans le pays. Les uns sont arides et sauvages, les autres revêtus de la plus riche verdure. Dans la période glaciaire les torrents qui descendaient des montagnes formèrent des lacs dans les creux des rochers ou sur le sommet aplati des buttes. Les lacs se sont desséchés, et leurs lits, couverts d’un riche terrain d’alluvion, sont devenus des plateaux boisés d’une
fertilité extraordinaire : on les appelle ici des parcs. Le nom de Colorado,
que les Américains ont conservé à leur nouvel État, est espagnol, comme-celui de Mcañon an a été donnés a cette toire à cause des couleurs remarquables que l’oxyde de fer et d’autres substances minérales communiquent aux amas de rochers dont le sol est couvert. La nuance dominante est Île rouge, depuis le riche cramoisi jusqu’au rose le plus tendre ; mais il y a aussi des blocs de porphyre noir, de la calcédoine d’une transparence laiteuse et surtout de la serpentine dans tous les tons de vert.
Ces masses de rochers, dont les formes sont aussi frappantes que les cou- CASCADES DU GLEN IRIS. leurs, ont dans leur aspect
quelque chose de sin-
gulièrement bizarre et fantastique, surtout quand elles sont éclairées par la chaude lumière du soleil. Qu'on s’imagine des remparts de roches sablonneuses et rougeâtres, des ruines naturelles déchiquetées, minées, rongées par les éléments. Îci, ce sont des murailles crénelées qui semblent remonter à l'âge des Titans. Là, c'est une porte où trois personnes peuvent à peine passer de front, entre deux énormes piliers d'une hauteur verticale de 80 ou 100 mètres. Ailleurs, comme dans les sites particulièrement remarquables dé-
signés ici sous les noms de Val ÆEyrié, de Parc des Monuments et de Yar-