‹ A travers les Etats-UnisChapitre 46 sur 130 · CHINA - TOWN · texte numérisé non relu

CHINA - TOWN

bâtons d’encens se consument en son honneur. Entrons dans un débit d'opium. On y respire avec peine; une épaisse fumée bleuâtre alourdit l'air. De misérables fumeurs, parvenus à tous les degrés d'ivresse, sont à demi couchés sur leurs planches, et nous regardent d’un air hébété. Entrons au théâtre. Il est rempli d'amateurs, qui suivent avec intérêt les péripéties d’un drame, joué par des acteurs venus de Chine. : Cette interminable bouffonnerie, commencée il y a huit jours, se prolongera encore pendant une semaine. L’orchestre, placé ‘sur, la scène, produit le tintamarre le plus discordant que j'aie entendu etiavie ile tjeu. des acteurs est grotesque, absurde ; les costumes sont magnifiques. Voici un restaurant. Non seulement les mets qu'on y sert sont apprêtés à la mode chinoise, mais encore ils viennent tous de la Chine: riz, canards séchés, volailles, nids d’hirondelle, etc. Le contraste qui existe entre la fiévreuse activité qui bouillonne dans la ville moderne et la placide monotonie d’une civilisation aussi vieille que celle des Pharaons produit l'effet le plus saisissant. D’Amérique vous passez en Âsie, comme ‘par enchantement.

s La question chinoise,” RUELLE DANS LE QUARTIER CHINOIS.

dont on se préoccupe au- |

jourd’hui si vivement aux Etats-Unis, est donc celle-ci: Que faire, comment agir, en présence de ce grand torrent que le paganisme envoie à l'Amérique du Nord et dont les flots, toujours montants, menacent de la submerger ? Des centaines de milliers de Chinois sont déjà arrivés et des centaines de millions sont derrière eux. Qui peut dire où s'arrêtera cette formidable migration ? Ils traversent le pays en étrangers et en voyageurs. Ils vivent entre eux et à leur façon. Ils ne changent rien à leurs habitudes. Sauf pour les relations d'affaires, ils évitent de se mêler au reste de la population. Dès qu’ils ont

Page 1