CÔTES DU MASSACHUSETTS: ÎLE DE MARTHA’S VINEYARD
Vork. Dans ces palais flottants, avec leurs vastes salons, leurs meubles somptueux, leurs bains élégants, leur cuisine recherchée, on peut dire que les désagréments d'un voyage sur mer ont atteint leur minimum; aussi, la boutade autrefois spirituelle du Docteur Johnson est-elle devenue presque absurde : ‘“ Sur mer, Monsieur! Mais qui songe à aller sur mer, s'il n’y est obligé ? Cela vaut la prison, plus la chance d’être noyé...”
La traversée d'Europe en Amérique ressemble tellement à toute autre traversée qu'il serait superflu de s’y arrêter. Pendant huit ou dix jours, on est le point central du même cercle infini. Le loch vous dit tous les matins que vous avez avancé de 300 ou 350 milles; mais la même voûte immense
PREMIÈRES IMPRESSIONS
s'étend toujours au-dessus de vos têtes, la même étendue sans limites vous environne. Rien ne vient rompre la monotonie du voyage, si ce n’est les alternatives des bourrasques ou du calme, d’un temps clair ou nuageux. Un oiseau se pose sur les agrès; une voile est signalée à l'horizon; des bancs de glace sont aperçus à une proximité inquiétante; une troupe de marsouins prend ses ébats dans les eaux du navire: de petits incidents tels que ceux-là, deviennent à bord de véritables événements et défraient pendant Ée-te dusjontoutes les conversations "Enfin le cri désiré de : ‘“ Terre à