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CALENDRIER GRÉGORIEN

L'année solaire n'étant pas de 365 joui's 6 heures exactement, mais bien de 365 jours 5 heures, 48 minutes, 51 secondes et 6 dixièmes de seconde, l'année julienne se trouvait un peu trop longue, et il en résultait une différence d'un jour en cent trente-trois ans. Cette différence, quoique légère, constituait une inexactitude qui se fit sentir après un certain nombre de siècles, et une réforme, réclamée depuis longtemps, fut accomplie à la fin du xvi« siècle, sous le pontificat de Grégoire XIII. De là le calendrier grégorien. Il s'était, d'ailleurs, glissé dans le calendrier julien des erreurs qui avaient déplacé les fêtes, et qui auraient fini, si Ton n'y avait mis ordre, par reculer Pâques jusqu'en automne. Des modifications étaient donc nécessaires, et c'est

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pour les accomplir que le pape Grégoire XIII adopta le projet que lui soumit l'Italien Lilio. Donc, en 1582, on liquida les erreurs du passé en retranchant dix jours de ladite année : — du 5 octobre on passa au 15, date de la bulle rendue à cette occasion; — et pour régler l'avenir, on décida qu'il serait supprimé trois bissextiles dans l'espace de quatre cents ans. On établit pour cela cette convention que les bissextiles seraient retranchées dans les années séculaires non divisibles par 400. De la sorte, l'an 1600 fut bissextile comme le sera l'an 2000 ; mais les années 1700 et 1800 ne l'ont pas été, et 1900 ne le sera pas non plus ^

Ces changements une fois faits, il ne devait plus y avoir qu'une erreur d'un jour en quatre mille ans, et cela ne pouvait porter aucun préjudice à personne.

Bien qu'il répondît à un besoin général, le nouveau calendrier ne pénétra pas sans difficulté dans les divers pays de l'Europe. La plupart des nations protestantes le repoussèrent d'abord systématiquement, et l'Angleterre, par exemple, ne devait l'adopter que près de deux siècles

i* Pour qu'une année soit bissextile, c'est-à-dire pour qu'elle ait 3flO jours, il faut qu'elle soit divisible par quatre : l'année IgJO est bissextile et ce sera maintenant 1880. S'il s'agit d'une Année centenaire, il faut qu'elle soit divisible par 400.

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après la France. Cette circonstance de nations qui pendant de longues années suivaient deux calendriers différents avait fait naître l'usage d'ajouter aux dates les mots vieux style pour indiquer Tannée julienne, et nouveau style pour l'année grégorienne. Il n'y a plus aujourd'hui que les Russes et les chrétiens du rite grec qui ont conservé le calendrier julien ; il en résulte que leurs dates retardent de douze jours sur les nôtres.

Quant aux mahométans, ils comptent toujours leurs années par lunes ; le calendrier arabe est rigoureusement lunaire : chaque mois commence toujours avec une nouvelle lune, ce qui fait varier constamment leur calendrier : dans un espace de trente-trois ans, leurs mois ont parcouru toutes les saisons *.

1. Quant à la période au bout de laquelle les nouvelles lunes reviennent au môme jour du mois, elle est de dix-neuf ans; c'est ce qu'on appelle le cycle lunaire; le nombre qui indique cette période est le nombre d'or. Le cycle de dix-neuf an^ fut, dit-on, trouvé par l'Athénien Méton, et cette découverte parut si belle qu'on en gravait le calcul en lettres d'or. -— Notre calendrier n'étant pas lunaire, il y a, au commencemenr de chaque année, un nombre qui indique l'âge de la luni% c'est-à-dire le nombre de jours écoulés depuis la dernïènï nouvelle lune jusqu'à la fin de l'année qui vient de finira ctï nombre se nomme épacte (en grec, ajouté). En 1830, l'épact^ était six, et comme l'année solaire a onze jours de plus que, l'année lunaire, IJépacte augmente ordinairement de onze jours

Le calendrier grégorien n'a subi depuis bientôt trois siècles aucune altération. Il fait commencer l'année au 1*" janvier, ainsi que l'avait déjà décidé Charles IX, par l'ordonnance de Roussillon du mois de janvier 1563, pour établir dans tout le pays une règle uniforme. Avant cette époque, on ne suivait pas partout la même coutume : la tendance de voir ce renouvellement de Tannée coïncider avec celui de la nature avait fait géné^ ralement commencer l'année le jour de Pâques; dans quelques provinces, l'année s'ouvrait le 1" mars ; dans d'autres, le 25 mars, jour de l' Annonciation.

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