LES SEMAINES ET LES JOURS
La semaine, qui s'écrivait autrefois sepmaine (du latin septem, sept), est une septaine, c'est-à-dire une collection de sept jours. Le mot septaine n'étant pas français, c'est le mot huitaine qui en tient lieu dans les usages de la vie : une huitaine désigne alors l'accomplissement entier d'une semaine, le retour dans la semaine suivante au jour pareil à celui d'où Ton a compté.
La division du mois en semaines ne vient originairement ni des Grecs ni des Romains, qui.
dans le principe, comptaient; soit par décades, soit par neuvaines. Ce sont les Égyptiens qui, les premiers, ont divisé le mois en collections de sept jours, ^t cette division leur a été vraisemblablement indiquée par le nombre des planètes. Lorsque les Romains, sous l'empereur Sévère, adoptèrent la semaine, ils suivirent la tradition égyptienne en donnant à chacun des jours qui la composent le nom d'une des sept planètes : dies lungs, ou lunx dies, jour de la lune (lundi), martis dies, jour de Mars (mardi), mercurii dies, jour de Mercure (mercredi), jovù dies, jour de Jupiter (jeudi), veneris dies, jour de Vénus (vendredi), satarni dies, jour de Saturne (samedi) \ et solis dies, jour du soleil.
A l'exception de ce dernier jour que les chrétiens ont consacré au Seigneur en l'appelant diemaine, puis diemenche, puis diemanche et enfin dimanche {dies dominicus, jour du Seigneur), ces dénominations ont traversé les siècles, comme celles des mois, et elles n'ont guère plus de sens aujourd'hui.
Autrefois, chaque dimanche de l'année avait un nom particulier qu'il empruntait, soit à son évangile, soit à l'un des psaumes chantés dans
1. Pour les Juifs, samedi sigaifie sabhati dies, Jour du sabbat
yGoOg
son office. Ces désignations ne sont restées en usage que pour trois dimanches du carême :
Iltminiscere, le deuxième dimanche du carême, où rintroït commence par les mots : reminiscere mhùvationum kiarum (souvenez -vous de vos misent ordes, etc.); — Oculi, le troisième dimanche : ocitli mei semper ad Dominum (je tiens mes yeux toLijours élevés vers le Seigneur); — La?(are, quatrième dimanche : Lœtare, Jérusalem (réjouissez vous, Jérusalem, etc.); — et pour le premier dimanche après Pâques -qui reçoit aussi son nom des premiers mois de Tintroït : quasi modo geniti (aîusi que des nouveau-nés).
Les quatre dimanches qui précèdent le carême ont un nom qui indique à quelle distance ils se IroLivent du dimanche de Pâques : sepluagèsime ( soixante-dixième), sexagésime ( soixantième), qulnguagésime (cinquantième), et quadragèsime (quarantième).
Le dernier dimanche enfin qui ait reçu un nom particulier est celui de Vavenl (du latin adrentus, arrivée, événement), qui précède de quatre semaines la fête de Noël, semaines pendant lesquelles TÉglise se prépare à célébrer dj^aiement la naissance de Jésus-Christ.
Quant aux semaines, elles n'ont jamais eu de noms officiels. Autrefois le peuple en a désigné quelques-unes pour rappeler certains usages ou
certaines circonstances qui marquaient particulièrement dans l'existence, mais aucune de ces dénominations n'est restée. On appelait, par exemple, semaine des Brandons la première semaine du carême, à cause des feux qu'on avait coutume d'allumer le jour de la quadragésime. La dernière semaine du carême, la semaine sainte, est trop importante pour n'avoir pas reçu plusieurs noms : les uns l'appelaient la semaine muette, parce qu'on cesse de sonner les cloches à partir du jeudi saint; les autres, la semaine de la croix; d'autres, etifin, la grande semaine, faisant ainsi allusion aux jeûnes et aux abstinences.