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LA TOPAZE

Les anciens appelaient topaze une pierre verte qui se trouvait communément dans une île de la mer Rouge, nommée Topazos : cette pierre n'est pas la nôtre, maiis le nom est le même.

La pierre jaune d'or était désignée par eux sous le nom beaucoup plus significatif de chrysolUhe (formé de chrysos, or, et llthos, pierre). a La chrysolithe dans sa beauté fait pâlir For lui-même, » disait Pline. De nos jours, ce beau nom est appliqué par les lapidaires aux cristaux de roche colorés dont le jaune est mêlé d'un peu le vert.

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Dans la topaze, comme dans les autres pierres que nous avons déjà passées en revue, il y a plusieurs espèces : les topazes du Brésil, de Bohême, de Saxe, etc. ; mais ici encore il n'y a de vraiment précieuse que la topaze orientale. Tavernier en a vu une de cette espèce, parmi les pierres précieuses du Mogol, qui pesait 157 carats 3/4 et qui avait coûté 271600 francs. La topaze est tantôt d'un jaune vif, couleur d'or, tantôt d'un jaune plus pâle et citrin. Cette pierre est très-belle lorsque sa couleur, bien également distribuée, est en niéme temps moelleuse et comme satinée. Il y a des topazes blanches dont l'éclat est très-vif; mais on ne les confond pas avec le diamant, dont elles n'ont ni la dureté ni le beau feu.

Il y a aussi des topazes qu'on appelle brûlées; ce n'est pas tout à fait sans raison : on les soumet à Taclion du feu dans un creuset rempli de cendres, jusqu'à faire rougir ce creuset; alors elles cessent d'être jaunes et prennent une teinte rose tendre. On ne peut brûler que la topaze du Brésil; les autres topazes se prêtent mal à cette transformation ; c'est ce qui donne une valeur aux topazes roses bien réussies. — M. Charles Barbot a un moyen aussi simple qu'ingénieux de brûler la topaze : il l'enveloppe hermétiquement d'amadou en cerclant Fenveloppe avec

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du fil fin de laiton ; il met le feu à l'amadou, et quand il est consumé, la topaze est devenue rose.

L AMETHYSTE.

Sur les coupes luxueuses faites d'améthyste, les anciens gravaient la tête de Bacchus ; et cela, (lit-on, parce qu'ils attribuaient à cette pierre la vertu de prévenir Tivresse. C'est, du reste, ce qu'indique le mot, formé de a privatif, et du verbe qui, en grec, signifie enivrer.

L'améthyste, considérée comme pierre vraiment précieuse, c'est-à-dire l'améthyste orientale, est l'objet rare par excellence. Tout le monde en a parlé, mais très-peu de gens l'ont vue. Il faut la placer, pour la rareté, à côté du dahlia bleu et du merle blanc. A ceux qui prétendent l'avoir rencontrée, les connaisseurs répondent que c'est une variété du rubis ou du saphir.

Quant aux améthystes ordinaires, celles que, par opposition, on appelle occidentales, ce sont des cristaux de roche, teints de violet ou de pourpre, qui n'ont ni la dureté ni la densité ni i*eclat des pierres précieuses et qu'on trouve en beaucoup de pays : à Ceylan, au Kamtschatka, ^n Arabie, en Prusse, en Sibérie et en Espagne;

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il y en a également en France, dans TAuvergne et les Alpes.

. Bien que l'améthyste n'occupe qu'un rang inférieur parmi les pierres précieuses, elle est d'un très-bel effet lorsqu'elle est foncée et veloutée. Cette richesse de couleur, jointe à sa dimension, permet d'en faire de riches parures. Elle partage avec le saphir le privilège d'être portée comme bijou de deuil; elle joue aussi, on le sait, un très-grand rôle dans les ornements religieux.

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