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I.RS petits POIiMKS

uiie chanson pastorale. Ceux qui cherchent les étymplogres ailleurs que dans les langues mortes ont dérivé madrigal de Madrid, assurant que cette espèce de poésie était en vogue du temps où François I" était prisonnier dans cette ville. Voilà ce qu'on appelle une forte raison. D'autres, . sans quitter la Péninsule, ont dit que le madrigal avait été inventé dans la ville de ce nom; ou bien ils ont invoqué, toujours sur le sol de l'Espagne, le mot madrugar (se lever matin), alléguant, à l'appui de cette trouvaille, que les Espagnols disaient volontiers des galanteries dans leurs aubades. On a tenu encore d*autres savants propos de ce genre, mais ces échantillons doivent suffire pour convaincre qu'on n'a pas abouti à-grand'chose de raisonnable. D'après M. Littré, la forme primitive est matriale; et elle désigne une sorte de chanson. C'est peut-être là qu'il faut s'en tenir, car madrigal a été d'abord un terme de musique. « C'était, dit Fétis, une pièce composée pour les voix sans accompagnement, qui était fort en usage au commencement du XVI* siècle, et qui ne cessa d'être à la mode qu'après le triomphe de la musique dramatique. Les madrigaux étaient écrits pour quatre, cinq, six ou sept voix, dans un style rempli de combinaisons recherchées et d'imitations. » — Nous savions déjà par J.-J. Rousseau que plusieurs

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auteurs, pour avoir excelfé dans le style madrigalesque^ avaient immortalisé leurs noms dans les fastes de l'art.

Qu'ils soient en vers ou en humble prose, tous les jolis compliments sont des madrigaux. — Marie-Antoinette regardait un jour une médaille sans légende ayant d'un côté la figure de Marie, et de l'autre celle de la reine. Le duc de Nivernais, pour expliquer Tabsence de la légende, lui dit : « Quand on verra la figure de Marie, reine du ciel, on dira : Ave Maria; quand on verra celle de Marie, reine de France, on ajoutera : gratia plena. — Le madrigal est d'un heureux effet lorsqu'il répond à Fépigramme : à un un esprit malveillant qui prétendait qxi'Alzire n'était pas de Voltaire, un esprit bienveillant répondit : « Je le voudrais. — Et pourquoi ? — Parce que nous aurions un bon poète de plus. »

Mais comme le compliment gagne beaucoup à être bien tourné, la rime et la mesure ne peuvent qu'ajouter au charme.

Nanteuil avait fait le portrait de M"« de Scudéri ; au lieu de lui dire tout court : Vous m'avez flattée, elle lui adressa ce compliment :

Nanteuil, en faisant mon image, A de son art divin signalé le pouvoir :

Je hais mes yeux dans mon miroir, Je les admire en 5on ouvrage.

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Le madrigal, pour bien jouer son rôle, doit être surtout une galanterie :

Iris s'est reodae à ma foi :

Qu'eût-elle fait pour sa défense?

Nous n'étions que nous trois : elle, l'amour et moi; Et l'amour fut d'intelligence.

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