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Près la maison de Lalande, était le corps de Jean pie et dit Petitbois, où ayant fait des fouille »s avec des pioches proche une grosse roche, nous avons trouvé tous ses os, toutes les chairs étant consommées, lesquels nous avons fait lever de la terre.
2° Sur l'habitation de feu Jean Michau,f” nous avons trouvé les os du dit Jean Michau, et de son fils Pierre, âgé de 15 ans, et d'Albert Boutin, de 18 ans, fils de sa femme,
3° Sur l'habitation de feu Noël Charmois dit Duplessis,%) nous avons trouvé les os du dit Charmois et d'André Danis dit L'Arpenty, tués et brûlés.
4° Sur l'habitation d'André Rapin, nous avons trouvé dans un creux, cinq têtes, dont une de Perinne Filastreau,® femme de Simon Davaux dit Bouterain, avec ses os; une et ses os, d'un garçon qu'on dit être un soldat ; deux têtes d’'enfans et leurs os, et la tête de Marie Cadieu, femme d'André Canaple dit Valtagagne,® dont
(1) Son véritable nom est MICHEL, époux de Marie Marchesseau, veuve de Pierre Boutin
(L'auteur.\ (2) C'est une erreur, Albert Boutin avait 24 ans, etant né le 7 septembre 1670. (3) C'était un vieillard de 69 ans, (4) Fille de Réné Filastreau, née en 1663, et mariée en 1677. (5) Tonnelier, marié depuis un an seulement avant le massacre- (j 'auteur.)
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homme de mon pays qui venait au- -devant de moy pour m'embrasser, ce qu'il fit, et après quelques compliments il m'apprit qu'il était de notre compagnie. Comme nous étions à LE pi ensemble, il s'aperçut que j'estais fort distrait à cause d’une grande populace que je voyais dans la place des Jésuites.
Là-dessus, mon nouveau camarade me dit: ma foy, vous arrivez bien à propos pour voir brusler quatre Iroquois vifs: avançons, continua-t-il, jusqu'aux Jésuites, nous verrons mieux. C'était aussi devant leur porte où devait se passer cette sanglante tragédie. Je m'imaginay d'abord qu'on allait jeter ces misérables dans le feu ; mais regardant de tous côtés, je n ‘apercevais aucun bûcher pour le sacrifice de ces victimes ; j'interrompis ce ouvel amy au sujet de plusieurs petits feux que je voyais en de certaines di tances les uns des autres; il me répondit : patience, nous allons bien rire. Il n’y avait cependant pas à rire pour tout le monde. On amena ces quatre hommes sauvages, qui étaient frères, et les plus beaux hommes que j'aye vus de ma vie, ensuite les Jésuites les baptisèrent et leur firent quelques légères exhortations, car à parler franchement, de plus, ce serait laver la teste d’un mort. Cette sainte cérémonie étant finie, on les prit et on les sacrifia à des supplices dont ils sont les inventeurs. On les lia tout nuds à des poteaux enfoncés de trois à quatre pieds en terre, et là, chacun de nos sauvages alliés, ainsi que plusieurs français s'armèrent de morceaux de fer rouge avec lesquels ils leur grillèrent toutes les parties du corps. Ces petits feux que j'avais vus servaient de forges pour faire rougir ces abominables instruments avec quoy on les faisaient rôtir. Leur supplice dura six heures, pendant lesquelles ils ne cessèrent de chanter des exploits de guerre, en buvant de l’eau-de-vie qui passait dans leurs corps aussy vite que si on l’eût jettée dans un trou fait en terre. Ainsi finirent ces malheureux, avec une constance et un courage inexprimable, On m'assura que ce que je voyais n’estait qu'un faible échantillon de ce qu'ils nous font souffrir quand ils nous ont fait prisonniers.
AVRIL
Le 30.—Un jeune anglais captif des sauvages, et racheté par M. Pachot, est baptisé ce jour, sous le nom de François Philippe. (Æeg. de Québec.)
Pendant cette année, le missionnaire de la Côte de Lauzon faisait les baptêmes à Villieu, dans la maison de Pierre Lambert, habitant du lieu. (Z4em.)
Le 23.—Un jeune homme de 22 ans, nommé Pierre Hogue, natif de Montréal, s'est noyé à la Pointe-aux- Trembles, et son corps retrouvé a été de suite inhumé,
(Reg. de la Pointe-aux- Trembles, Montréal.)
SEPTEMBRE
Le 8.—Un vaisseau du Roy, arrivé ce jour, apporte à Québec la fièvre pourpre qui fait un grand nombre de victimes, au nombre desquelles on compte une religieuse hospitalière dite Sainte-Agnès,® qui s'était dévouée au service des malades.” Elle fut inhumée le 29 oct. 1697.
(Leg. de Québec.)
OCTOBRE
Le 24.—Guillaume Pagé, fait baptiser trois jumelles. C'est la première fois que les registres de Québec présentent un cas semblable. (/4e».)
JUIN (1698)
Le 9.—Un enfant natif de Jersey, appelé Thomas Williams, avait été pris par les anglais, à l’âge de deux” ans. Repris douze ans plus tard par les Français à Plaisance, en 1696, il fut placé chez M. Boucher de Montbrun. (1) Angélique Tibierge, âgée de 20 ans. Elle était fille d'Hypolite Tibierge, marchand de Québec, et de Rénée Hervé.—(ZL'auteur.)
(2) En 1740, le vaisseau du Roy ‘“ Le Rubis” ayant plus de 400 soldats et matelots, est infecté par la même fièvre pourpre. L'Evêque de Québec, Mgr. de Lauberivière, en fut la victime,—(Z'auteur,)
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les os furent trouvés dans une fosse, au pied du grand bastion du fort Rolland,
Nous avons fait aussi lever de terre, sur le bord de l'eau, une partie des os de deux soldats, tués le 6 août 1689, dans le combat que les Iroquois livrèrent aux Français entre le fort de l'église et le fort Rolland, n'ayant pu faire exhumer le reste des os à cause du débordement des eaux qu'il fait à présent.
5° Nous avons envoyé six hommes par delà de la petite rivière de la Présentation, sur l'habitation de feu René Chartier," où lui et ses deux fils,” et un petit sauvage, leur esclave, de la nation des Panis, avaient été tués par les froquois, le 5 août 1689, et où plusieurs personnes nous ont, depuis leur mort, rapporté avoir vu sur la terre leurs têtes et leurs os; mais les herbes ayant crû depuis ce temps, ils n'ont pu en rien trouver,’ et le soleil étant prêt de se coucher, nous nous sommes retirés, ayant fait mettre ces os dans un bateau que nous avons été recevoir, avec le surplis et l'étole noire, au son de la grosse cloche, accompagné d’'acolytes en surplis, portant les chandeliers, la croix et l’eau bénite, et chantant les psaumes suivant la coutume de la sainte Eglise; et les ayant fait couvrir du drap mortuaire, nous les avons fait porter et mettre en dépôt en l’église pour en faire, le lendemain, l'inhumation dans le cimetière : ce que nous fimes avec grande solennité, après avoir dit, dessus les os, une dns de leur anniversaire, et fait tout le service avec offrande de pain et de vin.
Et de ce que dessus, avons fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir en temps et lieu, que nous avons signé et fait signer par André Rapin et Jean Paré, anciens marguilliers, et Guillaume Daoust, chantre de cette église.
Suivent les signatures : André Rapin, Jean Paré, Guil. Daoust, et P. Rémy, curé.
(1) Avait 76 ans lorsqu'il fut tué. Il était marié à Marguerite Delorme. (2; L'aîné, appelé François, avait 16 ans, l’autre, dont le nom n’est pas donné, pouvait avoir 16 ans.
(3) Le 23 mai 1701, nous avons enterré dans cette église une partie des os de feu Réné Chartier que nous avions fait lever sur son habitation, P. REMY, curé,