‹ A travers les tropiquesChapitre 19 sur 87 · LE PAPIER DE PJZ · texte numérisé non relu

LE PAPIER DE PJZ

empoisonner son poignard ou son épée, et, quand une guerre éclate, les Malais empoisonnent avec l'upas les fontaines et les ruisseaux. »

Un naturaliste suédois, en confirmant les observations de M. Fœrsch. nous dit les moyens que l'on emploie pour se procurer ce poison, auquel les Malais attachent un si grand prix. L'individu qui, par un arrêt de justice, ou volontairement par l'appât de l'argent, se hasarde en cette aventure, est de la tête aux pieds couvert d'une toile épaisse. Il tient à la main un long bambou dont l'extrémité est taillée en pointe. A la distance de dix ou douze pieds, il l'enfonce dans l'écorce de l'upas. Le poison coule dans la cavité du bambou, s'y amasse, s'y durcit. 11 est alors d'une couleur brune et se liquéfie à la chaleur, comme toutes les résines.

Quelquefois une vingtaine de bambous sont plantés dans les troncs de l'upas et y restent fixés pendant trois à quatre jours.

Celui qui parvient à les retirer et à se préserver de leurs émanations peut se vanter d'avoir fait un fructueux voyage.

Page 1