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LE PAPIER DE RIZ

On a longtemps ignoré la composition de ce papier doux, brillant et cassant sur lequel les

Chinois peignent des oiseaux, des papillons, des fleurs. On l'appelait papier de riz. Mais il n'est point, comme on le croyait, fabriqué avec du riz. Il est fait avec la moelle d'une plante que les Chinois nomment iung-tsan et qui ressemble beaucoup à l'if. Elle croît en abondance dans les districts septentrionaux de l'île Formosa. Là elle est recueillie par les indigènes et échangée pour des produits chinois.

C'est un petit arbre qui peut s'élever jusqu'à vingt ou trente pieds de hauteur. Mais, comme sa moelle se détériore quand il vieillit, on l'abat avant son entière croissance. Sur sa tige même s'élèvent des masses de fleurs dont l'éclat est rehaussé par les larges feuilles vertes qui les entourent. Son écorce est épaisse, son bois est dur, lourd et solide. On coupe rar])re par tronçons de dix à douze pieds de longueur. La moelle est extraite de ces tronçons à l'aide d'un bâton, et placée dans des bambous creux, où elle se sèche et forme une masse compacte.

D'autres plantes renferment comme le tung-tsan une moelle épaisse, entre autres la skola^ qui croît dans l'Inde. Longtemps on a cru qu'elle servait à la fabrication du papier de riz. On en fait à Singapour divers objets d'un usage journalier. A Ceylan un arbuste produit une moelle blanche et ferme. Les Malais et les Siamois en font des fleurs artificielles et divers ornements pour les jours de fête.

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