LES CHIENS SAUVAGES DE L AFRIQUE
Dans la colonie du cap de Bonne-Espérance il y a un grand nombre de chiens sauvages. Ils vivent constamment en plein air, et se réunissent par dizaine, par vingtaine, quelquefois par cinquantaine pour chasser. Quand ils poursuivent dans le vaste espace l'antilope, ils se relayent. Ceux qui sont en tête galopent avec ardeur pour atteindre l'animal qui court si vite, reviennent en arrière et sont remplacés par ceux qui ont mé-
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nagé leurs forces. Lorsqu'ils ont atteint leur proie, ils se jettent sur elle et la dépècent en un instant. Sans cesse ils vivent autour des pâturages, et, dès qu'ils voient le berger s'écarter de son poste, ils se précipitent sur le troupeau sans défense et y font d'alYreux ravages. Ils égorgent, ils dévorent et donnent des coups de dents à tous les moutons qu'ils ne peuvent tuer.
Ces terribles animaux ont, selon diverses circonstances, trois cris distincts : l'un est une sorte de violent aboiement qui exprime leur embarras quand ils aperçoivent quelque objet qui les surprend; l'autre ressemble à un clapotement de singes : c'est leur cri nocturne quand ils entendent les aboiements des chiens domestiques; le troisième est leur cri de ralliement quand leurs différentes meutes se sont dispersées sur les traces des antilopes : il est doux et harmonieux. En une calme matinée on se plaît à l'entendre résonner dans les bois.
Entre les chiens sauvages et les chiens domestiques il y a une implacable animosité. Dès qu'ils se rencontrent, ils en viennent à une bataille, et les chiens sauvages sont les plus forts.
(Cimiming; The lion hunter of South Africa.)