UNE BICHE TERRE PEU HABITEE
C'est la province de Mato Grosso, dans l'immense empire du Brésil. Son nom signifie gros hallier. Elle est en effet très boisée. Entre le rio Paraguay et le Cuyaba elle forme une sorte de péninsule, et ses plaines sont arrosées par une quantité de ruisseaux qui vont rejoindre les deux grands fleuves. Dans ces plaines et sur les sierras qui les traversent s'élèvent une quantité d'arbres et d'arbustes remarquables par leur beauté ou leur utilité. Là sont les bois de construction dont on admire la force et la durée.
Là grandissent l'arbuste dont on lire la gomme élastique et celui dont les capsules produisent la soie végétale. Là l'air est embaumé par les rameaux du vanillier et du cannelier; là de tout côté surgissent les plantes médicinales, la salsepareille, l'ipécacuanha, la manne, le sang-dragon, le jalap, le quinquina.
Sur les montagnes de cette province on récolte du blé. Sur les collines, le caféier acquiert un tel développement qu'une seule tige produit chaque année 10 à 12 livres de bon café. Au bord des ruisseaux on plante la canne à sucre et elle dure cinquante ans. Sur ce même terrain la culture du cotonnier et du tabac n'est pas moins fructueuse,
et de tout côté on peut faire d'abondantes moissons de riz, de maïs, de manioc.
« Telle est, dit M. Bossi, la puissance de végétation dans cette contrée, que j'ai vu en même temps, sur le même oranger, la fleur près d'éclore, l'orange encore verte et l'orange mûre. »
Ce n'est pas tout. Dans les environs de Yilla Maria, une des principales villes de la province, il y a des mines de fer et de cuivre à travers tout le territoire, des veines de quartz aurifère qui jusqu'à présent ont été à peine explorées.
Cette province de Mato Grosso, qui renferme tant de richesses, a, du nord au sud, une étendue de 200 lieues, et tout autant de l'est à l'ouest.
Sur ce vaste espace il n'y a que quelques peuplades d'Indiens indolents qui vivent d'une banane et d'un peu de poisson, qui ne travaillent que s'ils y sont forcés, et environ 50000 habitants de race blanche, dont 4 000 à Yilla Maria, 15000 à Cuyaba, la capitale, le reste dans diverses bourgades.
[Viage pinloresco, par Bartolonié Bossi.)
Cette pointe triangulaire d'Afrique que Jean II de Portugal appela le cap de Bonne-Espérance, méritait le nom que lui donna Barthélémy Diaz quand il la découvrit en 1486, le nom de cap des
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Tempèles. « Là, dit M. Onésime Reclus, tous les ports sont mal taillés, d'un abord périlleux. C'est un rivage imparfait, voire inhospitalier, tout au moins dans les parages de l'extrême protubérance australe, au large de laquelle, sur les Ilots où se rencontrent l'Atlantique et la mer des Indes, on a vu des vagues de 15 à 18 mètres de hauteur et parfois aussi des glaces flottantes détachées du pôle antarctique ^ »
Au-dessus de ces ports s'élève le mont de la Table, qui apparaît de si loin aux yeux des navigateurs. L'un de ses côtés a la forme d'un lion colossal, le lion d'Afrique couché sur son conlinent.
A 1000 mètres au-dessous de cette sommité est la Ville du Cap, la capitale de la colonie, fondée par les Hollandais en 1652. Les Anglais la lui enlevèrent en 1795, et furent, en 1802, par le traité d'Amiens, obligés de la rendre, mais ils la reprirent en 1806. Depuis cette époque ils l'ont toujours gardée, et ils l'ont agrandie en refoulant vers le nord les Boers, descendants des Hollandais, elles Cafres.
On compte à présent dans cette colonie environ 1250000 habitants, dont 350000 blancs et 900000 noirs ou cuivrés.
La ville est régulièrement bâtie. On y voit de belles larges rues ombragées comme celles de Hollande par des allées de chênes et de peupliers.
l. La Terre à vol cVoiseau^ p. 558.
L'hôpital est magnifiquement bâti, et les casernes avec leur place de parade ont un aspect monumental.
Autour de la ville, la terre est riante et féconde. De tous cotés, des arbres fruitiers, des champs de blé que le Boer laboure avec des bœufs qui ont des jambes comme des échasses et des cornes d'une longueur énorme.
A quelques lieues du Cap sont les fameux vignobles de Constance. On y arrive par une belle roule parsemée de jolies villas. Chaque année un grand nombre de familles anglaises établies dans l'Inde viennent ici passer l'été.
Les vignes de Constance s'étendent sur le penchant de la montagne jusque dans la plaine, où un habile drainage la préserve de l'humidité. Elles sont plantées en ligne droite à 1 m. 30 de distance l'une de l'autre. Elles, ne s'élèvent pas à plus de 1 mètre de hauteur. Les grappes sont mûres au mois d'avril, mais on les laisse sur leurs tiges jusqu'à ce qu'elles ressemblent à des raisins secs. De ces grappes soigneusement recueillies on fait différentes espèces de vins, dont l'un s'appelle le porto et l'aulre le frontignan.
Ces deux noms viennent de deux Français qui, après la révocation de Tédit de Nantes, s'embarquèrent avec des Hollandais pour la Colonie du Cap.
[Antecknimjar af Axel Liad.)