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L'ÉCOLE EN EGYPTE

mois du Ramadan et soldés avec l'argent légué à la mosquée.

Les leçons sont ordinairement écrites sur des tablettes en bois peintes en blanc. On les essuie quand elles sont apprises et on les remplace par d'autres. Le maître et ses élèves sont assis par terre. Chaque enfant tient à la main la tablette sur laquelle est inscrit un passage du Coran, et tous répètent en même temps, à haute voix, leur leçon en secouant la tête et en se balançant en avant et en arrière. Cela produit un singulier spectacle et un rude tapage.

Quand l'écolier connaît les lettres de l'alphabet, le maître lui donne à lire quelques mots, tels que des noms d'hommes, ou les quatre-vingt-dix-neuf dénominations de Dieu, ou les premières lignes du Coran, et il doit lire et relire ces mots jusqu'à ce qu'il les sache par cœur.

Le maître d'école ne donne point de leçons d'écriture à ses élèves. Ceux-là seuls apprennent à écrire qui se destinent à quelque emploi spécial, et pour acquérir ce complément d'éducation ils entrent dans une autre institution.

En général, les maîtres d'école égyptiens sont fort peu instruits. La plupart ne connaissent pas d'autre livre que le Coran et quelques prières. «Dans mon voisinage, dit M. Lane, un jour le maître d'école fut remplacé par un homme qui ne savait ni lire ni écrire. Il savait seulement réciter les

chapitres du Coran et pouvait les faire réciter. Il employait le premier élève de la classe à inscrire les leçons sur les tablelles, prétendant que la faiblesse de ses yeux ne lui permettait pas d'accomplir cette tâche. Un jour une pauvre femme lui apporte une lettre de son fils qui était en pèlerinage et le prie de la lui lire. Jl la prend, la regarde gravement du haut en bas, ligne par ligne, comme s'il la lisait, et la regarde encore, sans prononcer un mot. « Dois-je pleurer? demande la femme qui l'observe avec inquiétude. — Oui, répond-il. — Faut-il déchirer mes vêtements? — Oui. »

La pauvre mère retourne dans sa demeure et annonce à ses parents et à ses amis que son fils est mort. Mais voilà que, quelques jours après, le hls revient en pleine santé, qui lui raconte exactement ce qu'il lui écrivait. Elle retourne près du maître d'école et lui reproche de l'avoir trompée. Il fécoute tranquillement et lui dit d'un ton solennel : « Dieu seui connaît l'avenir. Je ne pouvais prévoir que votre fils reviendrait sain et sauf. Ne valait-il pas mieux vous annoncer sa mort que de vous engager à l'attendre, et de vous exposer par là à un cruel désappointement? »

Plusieurs personnes qui l'écoutaient approuvèrent cette réponse et le louèrent de sa délicate prévoyance.

Il y a des familles qui prennent un précepteur pour élever leurs enfants dans leur maison. Le

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