‹ A travers les tropiquesChapitre 36 sur 87 · L OISEAU-MOUCHE · texte numérisé non relu

L OISEAU-MOUCHE

Avant la découverte du Nouveau Monde, l'oiseaumouche était inconnu en Europe. En allant d'une

zone à l'autre, il reste toujours en Amérique. Dans ses diverses migrations il ne quitte point les continents occidentaux. C'est le plus petit des oiseaux et le plus beau. Il ne se distingue point, comme l'oiseau de paradis, par la splendeur de quelques plumes, ni, comme le perroquet, par l'éclat de ses couleurs. Il est le bijou du monde ailé, tantôt une topaze, tantôt une émeraude, une turquoise, un rubis, un diamant.

A l'est du Mississipi et au nord de la Floride il n'y a qu'une espèce de rouge-gorge. Mais à mesure qu'on avance vers le sud, on en trouve plusieurs autres, et une quantité près de l'Equateur. « A la Dominique, à 16 degrés de la ligne équatoriale, dit un intéressant naturaliste, j'ai vu un oiseau-mouche remarquable par sa grande taille et la variété de ses teintes, il a environ cinq pouces de longueur, le bec et les pieds noirs, le col d'un vif grenat, la poitrine d'un cramoisi ardent, le dos noir avec des sillons bleus, les ailes et la queue vertes. Pour le voir dans toute sa beauté, il faut le regarder quand il plane sur une fleur, les ailes étendues aux rayons du soleil des tropiques.

« Dans la même île je remarque un autre oiseaumouche beaucoup plus petit, d'une couleur peu éclatante, mais il a sur la tête une petite crête d'un vert métallique, qui tantôt brille comme un feston de pourpre, tantôt comme un globule d'or, et produit dans sa petitesse un efl'et étonnant.

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