UNE FORET
Après avoir traversé un champ nouvellement défriché, puis un ruisseau couvert sur ses deux rives d'une quantité de plantes dont on lire de souples filaments, nous entrons dans la forêt par un chemin péniblement tracé entre des arbres qui s'élancent si haut dans les airs qu'à peine peut-on voir leur dôme de feuillage. Des lianes flottantes suspendues à ces arbres comme des câbles aux mâts des navires, les relient l'un à l'autre en un vaste réseau et les parsèment de fleurs empourprées. Aux tiges colossales s'enlacent des vanilles et d'autres plantes grimpantes. Sur les rameaux séculaires s'épanouissent des masses d'épiphytes ; de ces mêmes rameaux descendent vers la terre de flexibles et solides arums, dont les indigènes font d'excellents cordages.
De tous côtés, des palmiers semblables à des colonnes de marbre, des fougères qui balancent à vingt pieds de hauteur leur élégant panache, et des amas d'héliconées, de mélastomes, de bégonias, ces élégants arbustes que nous élevons à grands frais dans nos serres, qui dans ces belles