‹ A travers les tropiquesChapitre 54 sur 87 · LE PIGEON DU CAP · texte numérisé non relu

LE PIGEON DU CAP

Mais le pigeon du Cap poursuit perpétuellement une proie rare el chétive.Dans le jour il ne se repose qu'à de longs intervalles, et la nuit, sur les vagues orageuses, il ne peut guère dormir.

Il ne connaît pas non plus la joie d'une paisible retraite au milieu des roseaux, ou sous un vert feuillage. Les autres oiseaux habitent une région où, pendant une partie de l'année, on est sur de les trouver, où ils retournent invariablement après la froide saison qui les en a éloignés. Le pigeon nautonier a pour domaine l'immense espace, l'océan Atlantique, la mer du Sud et la mer des Indes, et il est destiné à braver, nuit et jour, tantôt le vent glacial et tantôt les rayons d'un soleil ardent.

Compagnon inséparable du navire, ce n'est cependant pas pour le plaisir de voir les matelots que le pigeon du Cap les suit si fidèlement; non, c'est pour saisir quelques parcelles des différentes choses qu'on jette par-dessus le bord et divers coquillages qu'il découvre dans le sillage du bâtiment. Étonnante est sa voracité, étonnante aussi la promptitude avec laquelle il s'empare sur une mer orageuse d'un objet imperceptible, et sa vue en cette chasse ardente n'est point secondée par l'odorat, car souvent il se précipite sur un morceau de bois et ne l'abandonne que lorsqu'il a reconnu son inutilité.

Par leur forme, par leurs dimensions et [leur

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plumage, les pigeons du Cap ressemblent à nos pigeons domestiques. Ils apparaissent en grand nombre dans les temps orageux et dans les régions méridionales. En hiver, c'est-à-dire au mois de juin, juillet et août, ils suivent constamment les navires entre le 23*^ et le 31'' degré de latitude.

Mais un sûr instinct partout les guide, et quand vient l'été, ils savent bien trouver l'île lointaine, le roc solitaire où ils sont nés, où ils vont faire leur nichée.

(II. Mouhot, Travels in Indochina.)

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