‹ A travers les tropiquesChapitre 59 sur 87 · U.NE CHASSE AU TIGRE DANS L'I>DE · texte numérisé non relu

U.NE CHASSE AU TIGRE DANS L'I>DE

seurs. Évidemment il a été atteint. Mais il n'en continue pas moins sa course impétueuse, et nous le suivons aussi vite que possible. A l'entrée d'un village où il reçoit de nouveaux coups de fusil, subitement il se retourne, se jette avec fureur sur l'éléphant qui porte les musiciens, saisit l'un d'eux par la jambe, la brise d'un coup de dent, lui emporte le pied et disparaît dans la jungle.

Pour l'en faire sortir il faut l'effrayer. Nos artilleurs s'avancent vers son repaire et allument la mèche de leurs mortiers. Mais cette opération a mis le feu à quelques broussailles. Rapide comme l'éclair, il atteint des masses de roseaux, de plantes desséchées, et en un instant au loin éclate un incendie terrible.

Des cris discordants retentissent dans les airs. Du milieu de la jungle s'échappent à la hâte des légions de serpents et d'autres animaux. L'éléphant qui a porté là les instruments incendiaires s'arrête stupéfié par les flammes qui s'élèvent devant lui. Son cornac, ne pouvant malgré tous ses efforts parvenir à le mettre en mouvement, se jette à terre, pour se sauver en toute hâte. Les canonniers suivent son exemple. Le malheureux animal reste encore immobile. Puis soudain nous le voyons sortir de la jungle et courir affolé, éperdu. Les matelas qu'il portait sur le dos sont brûlés; les chaînes de fer rouges et flambantes restent attachées à ses flancs; tout son corps est en feu,

el ses rugissements annoncent ses douleurs.

Nous voulons aller à son secours. Mais il nous échappe, il va se précipiter dans une rivière, s'y plonge, s'y couche et meurt.

Quelques heures après, nous rentrions à la maison d'où nous étions partis si gaiement le matin. Hélas! quelle fatale journée! Nous avions perdu un cornac, un éléphant, et le musicien lacéré par le tigre était mourant.

(L.-C. Addison, Traits and stories of An(jlo-bidian life.)

LES RUIXES DE TIIEBES

Les monuments antiques de la terre des pharaons se partagent en deux régions. Presque toutes les pyramides sont dans la Basse-Egypte, les temples dans la Haute-Egypte. Les premiers que l'on découvre en remontant le Nil, c'est à Dendérah. Le centre des réminiscences historiques est à Thèbes. Là, dans une vaste plaine entourée d'un cercle de montagnes, sur les deux rives d'un fleuve plus grand que l'Euphrate et le Tigre, s'élevait, il y a quatre mille ans, une ville plus grande que Ninive et Babylone, une ville dont le pouvoir s'étendait sur deux continents, sur l'Asie et l'Afrique. Les nations de l'Arabie, de l'Assyrie, de la Perse et du lointain Orient y affluaient comme,

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