LE BAOBAB
aussi dépérit. Quelquefois, sans que la racine ait été atteinte, l'arbre est saisi par une sorte de moisissure qui le ronge, et il succombe à un coup de vent.
Le baobab appartient à l'Afrique, surtout au Sénégal. Il lui faut un terrain sablonneux et humide. Sa semence germe en huit jours; au bout d'un mois elle produit une tige de 1 m. 60 à 2 mètres de hauteur, et graduellement cette tige arrive à des dimensions prodigieuses. Notre célèbre naturaliste Adanson a mesuré au Sénégal des baobabs de 8 m. 75 de diamètre; un autre naturaliste en a vu un, entre le Niger et la Gambie, que dix-sept hommes, en se joignant par les mains, pouvaient à peine embrasser. M. Golbéry, dans le récit de son voyage en Afrique, en mentionne un autre qui avait plus de 32 mètres de circonférence. Pour acquérir de telles proportions, le baobab doit vivre très longtemps. Selon les observations de M. Golbéry, sa circonférence ne grossit annuellement que d'environ 33 centimètres.
Le baobab est très utile aux nègres. Ses feuilles, disent-ils, atténuent la transpiration. Ils les font sécher, les pilent et en saupoudrent leurs conserves. Ces mêmes feuilles, infusées dans de l'eau, sont pour eux un remède contre la fièvre. De ses fruits ils font un aliment journalier, de son écorce du savon. Mais ils font encore du baobab un autre singulier emploi. Dans les profondes cavités des
troncs ouverts par la décrépitude ils suspendent les cadavres des individus qui, par quelque méfait, par quelque pratique de sorcellerie, ont perdu le droit d'être ensevelis comme les braves gens. Dans cette tombe du baobab, les corps se dessèchent et passent à l'état de momie.