LES PREMIERS COLONS DE L'AFRIQUE MÉRIDIONALE
aussi sur celte côle d'Afrique. Mais bientôt, pour rendre leur relâche plus facile et plus sûre, ils fondèrent une colonie là où s'élève aujourd'hui la Ville du Cap. En 1602 la Compagnie hollandaise des Indes Orientales, fut constituée; deux ans après Antoine de Ribert s'installa au Cap, en qualité de gouverneur. Il n'avait avec lui que quelques soldats, et le nombre des colons s'accrut très lentement. C'étaient pour la plupart des paysans, des boers^ qui ne se décidaient pas sans peine à s'en aller sur une terre inconnue, si loin du Zuyderzée. Sur les rives du Cap ils ne retrouvaient point les beaux herbages de la Frise, et le gouvernement de Riebek et de ses successeurs était si d ur que les pauvres boers abandonnèrent le lieu où régnaient leurs despotes, et s'en allèrent à l'aventure à travers le pays. Ils allaient cherchant de côté et d'autre un refuge, un sol propice, et vivaient d'une vie nomade. D'abord ils entrèrent en négociations avec les indigènes, qu'ils appelaient les Hottentots. Ils achetèrent les terrains qu'ils désiraient occuper. Lorsqu'ils se sentirent plus forts, ils les prirent sans rien payer. Puis, en s'avançant plus loin, ils rencontrèrent les Cafrcs. En 1795 les Anglais, qui depuis longtemps convoitaient cette importanle station maritime, y envoyèrent une flotte commandée par lord Elphinstone, avec une petite armée conduite par le général Craig. Les Hollandais, qui ne s'attendaient
point à cette invasion, n'étaient point en état d'y résister, et la Grande-Bretagne prit tranquillement possession de leurs domaines.
En 1802 le traité de paix d'Amiens l'obligeait à les rendre; mais, quatre ans après, de nouveau elle s'en empara, et cette fois elle les a gardés. Bien audacieux seraient ceux qui voudraient les lui enlever.
Maintenant on compte dans cette colonie anglaise plus d'un million d'habitants. Elle est traversée dans toute son étendue par des chemins de fer. D'année en année sa richesse s'accroît par son agriculture et son commerce, par ses exportations de plumes d'autruche, de cuivre et de diamants.
L'une de ses principales productions est due à des Français. Oui, ce sont des Français qui, après la révocation de l'édit de Nantes, abandonnant leur pays, s'adjoignirent à des Hollandais partant pour cette terre d'Afrique, et là ils plantèrent les vignes qui produisent le fameux vin de Constance.