LA FÉCONDITÉ DES TORTUES
zones. Elles viennent de la mer, remontent le fleuve et se répandent dans les îles desséchées de ses affluents. Là elles déposent leurs œufs dans le sable, et alors de toutes parts, à plus de 100 lieues de distance, arrivent des milliers et des milliers de gens.
Ils ramassent les œufs dans de grands vases, puis, avec de larges coquilles qu'ils trouvent dans les rivières, ils enlèvent l'huile qui flotte à la surface de ces récipients, et la versent dans des cruches d'une large dimension. Chaque tortue produit généralement dans la saison 150 œufs. 12000 œufs font une cruche d'huile. Des localités les plus abondantes on expédie annuellement 6 000 cruches, ce qui est le produit de 62 millions d'œufs, déposés dans les sables par 180000 tortues. Mais tous les œufs ne sont pas détruits, tant s'en faut. Après cinquante jours d'incubation, de tout côté on voit surgir de petites tortues qui se dirigent vers l'eau, oi^i elles rencontreront de nombreux ennemis. Plus tard, quand on les trouve sur le rivage, on les tourne sur le dos et on les enferme dans des parcs où elles grossissent jusqu'à ce qu'elles pèsent 70 à 80 livres et plus. Pendant les mois d'été, les tortues sont le principal aliment des gens du pays, et bien qu'on en détruise une si incroyable quantité, on ne remarque pas que leur nombre diminue. Où elles vont après avoir fait leurs œufs, c'est
ce qu'on ne sait. On ne les voit pas descendre le fleuve.
II y a, dans cette même vallée des Amazones, des tortues de terre plus petites que celles de mer, mais la chair en est bien meilleure.