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PAPIERS TEINTS

vait volontiers à ses clients de changer la tenture de leurs appartements.

De toutes les Rétrospectives qui sont le divertissement de l’Exposition aucune peut-être ne présente un intérêt aussi captivant que celle du papier peint. Il faut regarder une à une toutes les pièces de la collection Follot. C’est une histoire un peu caricaturale de la décoration au xtxc siècle (observons en passant que le papier peint suit toujours, avec quelques années de retard, le style des décors de tenture ou de boiserie et vulgarise ainsi des modes déjà surannées) ; mais c'est en même temps un merveilleux répertoire d'indications psychologiques.

Pendant la Révolution, des papiers où revivent encore les grâces délicates de l'art Louis XVI et des papiers à emblèmes patriotiques où s’entremêlent lourdement des cocardes, des faisceaux et des lauriers. Les premiers, quand vint le Directoire, tapissèrent la chambre de l’ex-terroriste; les seconds, la chambre du «ci-devant» revenu de l'émigration. Les Français se réconciliaient. Elégance et civisme.

De 1800 h 1809 : David règne. Des ornements pompéiens, des bas-reliefs romains, des imitations de grisailles et de camaïeux où l’on voit des amours qui jouent avec des papillons; des

trompe-l’œil simulant des draperies antiques. Tout un décor de tragédie.

De 1810 à 1819 : L’antique continue de sévir. Mais le paysage suisse fait son apparition, un ineffable paysage synthétisant toute la Suisse d’une façon ingénue et définitive; vaches, torrents, glaciers.

De 1820 à 1829 : D’immenses imageries soit en grisailles soit violemment colorées : Paul et Virginie, les Incas, les jardins d’Armide. Le papier du fonctionnaire où on lit en lettres dorées : « Vive Louis XVIII ! » (Ce genre de tenture paraît avoir eu peu de succès; on ne le retrouve plus après la Restauration : il devait être trop souvent renouvelé.)

Sous Louis-Philippe, l’art s’émancipe : papiers Renaissance et paysages à la Cabat.

Sous le second Empire, des amours et des roses, des Heurs amoncelées, un décor Marie- Antoinette banalisé et alourdi.

Enfin, sous la troisième République, des imitations de cuir pour salle à manger, des imitations de soie brochée pour salon, des imitations de perse pour chambre à coucher. C’est l’époque du « toc ».

Chacun sait que nous sommes sortis de cet âge de servile pastiche : il existe un « art nou-

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