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LA FINLANDE

présidé à cette étonnante conception. Oui, cet amalgame burlesque vient de quelqu’un ou de quelque part. Les « palais » des Invalides ont un style. Mais quel style?

Je l'ai longtemps cherché et je le chercherais peut-être encore si, par hasard, l’autre jour, en sortant de l'Exposition, je n'avais traversé la foire qui se tient, pour le moment, de l’autre coté de l'hôtel des Invalides, au pied du puits artésien. La place est encombrée de ces immenses manèges de chevaux de bois, d’autruches de bois, de cerfs de bois et de cochons de bois qui sont maintenant la splendeur de nos fêtes publiques. Lorsque j’ai aperçu leurs superbes décorations à la fois turques et Louis XV, d’évidentes affinités m’ont sauté aux yeux et, tandis qm» mugissaient les orgues mécaniques, j’ai enlin deviné d’où venait l'architecture de l’Esplanade, quel parti pris l’avait inspirée, à quel style on la devait rattacher.

C’est le style « chevaux de bois ».

De tous les pavillons élevés dans la rue des Nations, le plus original est celui de la Fin-

lande. Le plan en est étrange, mais harmonieux. À 1 intérieur, le vaisseau gothique est d’une line élégance. Les vitrages ne déparent point la voûte ogivale et c’est un tour de force que d’avoir composé une salle d’exposition qui ne manque ni de grâce, ni de style. La petite coupole centrale, décorée de belles peintures, est d’une dissymétrie hardie qui amuse l’œil sans le choquer. Et comme ce petit monument est expressif et parlant ! Basses et trapues, sans lourdeur, sous le grand toit d’ardoise, les façades sont ornées d’une faune si caractéristique ! Les loups et les écureuils qui décorent les arcades des grandes portes (ils éveillent irrésistiblement le souvenir des files de rats du portail de Moissac), les ours de la toilure, les grenouilles qui apparaissent sous l'auvent, toutes ces bétes nous suggèrent la vision d’un pays de forets et de marécages. Les feuilles de nénuphar sculptées aux murailles et les petits clochetons en forme de pin achèvent l'évocation.

Chaque fois que le hasard de ma promenade me ramenait devant ce pavillon de Finlande, je me plaisais à songer qu’il y avait là sans doute le réveil d’un art national et que l’artiste avait dû puiser les éléments de sa construction dans

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