‹ A travers lÉxposition de 1900Chapitre 26 sur 61 · LA FINLANDE · texte numérisé non relu

LA FINLANDE

GO

l'arc li itccture populaire de son pays. L’œuvre est si parfaite, si bien équilibrée, que je voulais y voir comme l'aboutissement des longs et obscurs efforts de toute une race. Pour me mieux éclairer, j'interrogeai un Finlandais.

J'appris alors que les seuls monuments élevés jusqu’ici en Finlande sont des monuments néo-grecs et que l’architecte du pavillon de l'Exposition a de toutes pièces inventé construction et décorations. Cet architecte a vingtcinq ans. Il s’appelle Saarinen. 11 a de l’imagination.

Parmi toutes les fautes de goût qui nous choquent dans cette Exposition, je n’en sais pas do plus révoltante que celle qu’on a commise en choisissant pour orner la couverture des catalogues une déplorable composition de M. Chartran. Cette allégorie de la France qui tient de la main droite un rameau d’olivier et de la main gauche. un drapeau tricolore est d une écœurante banalité. Cette pauvre chromolithographie n’est pas à sa place en tète du

catalogue d'une « exposition de l’art français ». On dirait une étiquette pour des nonnettes patriotiques. Il eût été si facile de ne point décorer cette couverture.

Gela, du reste, eût peut-être permis de vendre le catalogue un peu moins cher. Le seul fascicule de la Centennale, — indispensable à tout visiteur, puisqu'il ny a pas d’étiquettes sous les œuvres exposées, — coûte deux francs ! Or, chaque année, le prix du livret du Salon, trois fois plus considérable, n’est que d'un franc.

Parisien, je regrette que ma ville se soit fait bâtir à l'Exposition un pavillon si disgracieux. On dirait un groupe scolaire qu’on a voulu «orner» après coup. On a ajouté à cette honnête bâtisse des balcons, quelques peintures et des toitures Renaissance, dont les lignes, indécises et embrouillées font sur le ciel une bizarre silhouette. Mais ici, comme dans le reste de l’Exposition, si l’écrin est vilain, les trésors qu’on y a enfermés sont prodigieux.

Page 1