AU VIEUX-PARIS
traint de penser à M. Sylvain dans le rôle de Louis XL On est obsédé par des réminiscences des Huguenots. C'est désolant.
Par bonheur j’avise une affiche de théâtre. Dans une salle, — toujours très moyenâgeuse, — on représente une opérette espagnole, la Vie jeeita. Le texte, dit le programme, est de E. Miguel Echegaray, et la musique du « maestro populaire, D. Manuel Fernandez, caballero ». Donc, dès le premier jour, voici l'Exposition qui sert à la diffusion des littératures étrangères en France et le Vieux-Paris lui-mème travaille aux progrès du cosmopolitisme littéraire.
Cette opérette est jouée par une troupe d’enfants : la Aarora infant il. Je n’ai point vu le premier acte. Mais, grâce à un programme explicatif, j’ai pu suivre Faction : elle est peu compliquée et assez « infantil » . Elle m’était du reste indifférente et elle vous le sera, je n’en doute pas, si vous allez voir les jeunes comédiens espagnols.
Ils sont très gentils, ces petits cabotins. Dans un rôle de vieux barbon, il y a un gamin qui fait autant de grimaces que M. Barrai et qui a autant de naturel que M. Leloir. La principale actrice, Nina Bemedios Rodriguez, qui joue un travesti, tout comme les plus illustres de nos
A TK AVERS L’EXPOSITION
tragédiennes, est pleine de feu et d’esprit. Et Emilla Llanas est « pâle comme un beau soir d’automne ».
Déjà le spectacle de ces moutards est assez « expositionncl ». Mais voici mieux encore. Après la comédie, six petites danseuses viennent se camper sur la scène, le poing à la hanche; les castagnettes claquent, les petites tailles se cambrent, les petites tètes se renversent, les petits talons frappent le plancher, les petites jambes se lèvent. Ole! Ole ! Enfin, la voilà la vraie inauguration! L’Exposition est ouverte. Cette fois, il n’y a plus de doute. Et, comme le disait si bien tout à l’heure M. le ministre du Commerce, « l’humanité... monte, monte sans cesse vers celte région lumineuse et sereine, où doit, un jour, se réaliser l'idéal et parfait accord de la puissance, de la justice et de la bonté ».
Un autre théâtre est déjà ouvert, c’est celui des Bonshommes Guillaume.
La salle est coquette et charmante, peinte en