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LE PAVILLON JAPONAIS

qui. du bout de sa frange, baise le talon d une bottine mignonne ; la draperie de la Polymnie ne se fripe pas d'une manière plus souple que ces grands tapis de l'Inde sur les épaules et sur les reins de nos femmes comme il faut. Henri Heine, le grand plastique, ne s'y était pas trompé, et il suivait une Parisienne dans son châle comme une déesse grecque dans sa chlamyde de Paros... Les lorettes savent tout porter, et la moire antique, et le velours, et le chapeau à plumes, et le mantelet en dentelles de Chantilly, et la bottine qui cambre le pied, et la manchette d'homme, et l'amazone de drap, tout, excepté un cachemire long; là est la supériorité de l’honnête femme; aucune dame aux camélias, aucune fille de marbre, aucune lorette, ne résistera à la tentation de tendre un peu le châle avec les coudes pour marquer la taille et faire ressortir imperceptiblement le riche contour de la croupe. »

Les Japonais viennent de renouveler et d’enrichir l’exposition, déjà si belle, qu’ils avaient

naguère ouverle dans leur joli pavillon du Trocadéro.

Il me semble et je crois bien qu’il semblera à tout profane que ces sculptures japonaises du x° siècle (contemporaines de notre sculpture romane) égalent les plus admirables, les plus purs, les plus expressifs chefs-d’œuvre de la statuaire européenne antique ou moderne. Ces images nous apportent la révélation d'un art d’une majesté inimitable, criant de réalisme et riche de pensées. En face de certains kakémonos, de certains laques, de certains bronzes, nous avions déjà deviné que les Japonais n’avaient pas été seulement des artistes pleins d'élégance, de grâce et de vérité Quelques rares Européens admis à voir les richesses de leurs temples nous en avaient fait des récits merveilleux. Aujourd’hui, ce sont ces richesses que l'on met sous nos yeux. La réalité dépasse notre pressentiment.

Supposez qu’un Japonais ne connaisse notre art que par des toiles de Watteau et des terres cuites de Glodion. On lui montre soudain quelques-unes des merveilles de notre art du moyen âge. Sa surprise sera grande, moins grande peut-être que celle d’un Français qui, avant de voir ces prodigieuses sculptures, ne

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