VIEUX PAPIERS
sont sensibles à la charmante suggestion des mots surannés et des tournures vieillies, j’ai copié ce faire-part d’un ecclésiastique du xvme siècle :
u Vous êtes priés de la part de Messieurs les marguiliiers de l'église paroissiale de Saint- Merry d'assister au service qu’ils feront au chœur de ladite paroisse pour le repos de l’âme du Vénérable, Discrète et Scientifique personne, Messire Louis Mettra, Prestre, Docteur de la Maison et Société de la Sorbonne et Conseiller à la Grande Chambre ecclésiastique, lundy quatorzième décembre 1744, à dix heures du matin en ladite église. »
Le règne de Louis-Philippe est soudain évoqué par une petite vitrine contenant les lettres que les tambours de la garde nationale avaient coutume d'adresser le 1er janvier aux hommes de leur compagnie en sollicitant leurs étrennes. Des vignettes touchantes et patriotiques nous montrent de hauts shakos, des bonnets h poils, des drapeaux et le fidèle tambour recevant le cadeau prévu du bon garde national. Ces circulaires étaient autographiées. Citons l’une des plus belles :
« Monsieur,
« Ils sont trop sincères les vœux que je forme pour votre bonheur au renouvellement de l'année pour qu'ils ne soient pas exaucés. Aussi vous vois-je, au sein d’une félicité inaltérable, prolonger sous le regard paternel de notre auguste colonel une vie si intéressante pour le corps dont vous faites partie, surtout si utile à 4a société dont vos vertus vous rendent un membre à jamais recommandable.
« Agréez les souhaits, Monsieur,
« de votre très humble « et très obéissant serviteur,
« Dudou. »
C’est du pur Henri Monnier.
C’est encore une jolie occasion offerte à notre badauderie que l’exposition des cartes de restaurants. On y peut voir comment et à quel prix les Parisiens se nourrissaient vers 1830.
Ces cartes sont interminables. Brillat-Savarin raconte que le consommateur qui venait s’asseoir dans le salon d’un restaurant de première classe avait sous la main, « comme élé-