LES MONNAIES
Le corps de ballet fit alors son entrée et esquissa des gesticulations de jambes et de mains qui auraient bien voulu être indo-chinoises. On avait sans doute recruté ces aimables ballerines à Ménil montant, dans les parages de la rue de Chine. Mais malgré tout, elles ne paraissaient point posséder le sens de l’exotisme et leurs petites frimousses, casquées d'or, n'avaient rien de l’immobilité hiératique que doit conserver le visage des danseuses cambodgiennes, — si l'on en croit les bas-reliefs des temples dont on nous a montré les moulages.
Enfin. M,,e Cléo de Mérode, elle-même, vint faire la Cambodgienne : sous la haute tiare dorée on voyait poindre les bandeaux noirs qui ont fait la gloire de cette danseuse. L’ancien résident du Tonkin nous avait prévenus tout à l’heure que nous allions voir « la Parisienne, la Cambodgienne et l’artiste réunies en une charmante trinité ». Mllc Cléo de Mérode s’est livrée à d’agréables contorsions; mais je n’ai pas vu la trinité.
L’Administration des Monnaies a eu l’idée
heureuse d’ouvrir à l’Exposition un bureau de vente. Chacun peut y acheter les médailles et les plaquettes dont les coins appartiennent à cette Administration. On y trouve des médailles historiques et aussi quelques œuvres des médailleurs d’aujourd’hui (les dernières plaquettes de Daniel Dupuis, des médailles commémoratives de M. Chaplain, la médaille de mariage de M. Roty, la Peinture de Charpentier, etc...). C’est là un excellent moyen de répandre dans le public le goût de la médaille et de révéler à quelques étrangers et à beaucoup de Français les chefs-d’œuvre de nos artistes contemporains. D’ailleurs le public s’empresse autour des médailliers et il est probable que l’Administration fera « de bonnes affaires ».
Mais pourquoi s’en être tenu là? Le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts possède les coins d’un grand nombre de médailles qu’il a, lui-même, commandées à des graveurs. On peut se procurer ces médailles en écrivant une lettre au ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts pour lui demander l’autorisation de faire frapper un exemplaire. L’autorisation obtenue, il faut ensuite adresser la commande à M, le directeur de l’Administration des Monnaies. Ces formalités ne sont point terribles;