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LR LYON QUI S EN VA 2O

mandait, dans le monde entier, les produits de notre industrie.

On a beaucoup discuté sur l'ctyinologie de ce mot : « argue ». Les uns ont pensé que les Lyonnais l'avaient tiré du mot latin ar^^iittis, mince, délié, comme indiquant l'opération qui s'y faisait. D'autres y ont vu un rapport ave: le grec arguros^ argent. C'était aller chercher midi à quatorze heures; ce mot est du bel et bon français, de même que cadette, miche et tant d'autres qu'on s'osbtine à regarder comme propres au lyonnais. Argue est un mot technique, désignant la partie du banc à tirer qui retient la filière. On a dit, par extension : Targue, comme on dit : ia presse.

Passage de l'Argue et rue Ecorche-Bœuf se trouvent deux de nos théâtres Guignol, non pas les premiers en date de fondation, car celui du caveau des Célestins est le plus ancien.

Les marionnettes avaient été apportées à Lyon par les Italiens, mais le personnage de Guignol est la création de Laurent Mourguet qui, à la fin du siècle dernier, imagina ce type du canut lyonnais. Un de nos compatriotes, que je ne nommerai pas, puisqu'il n'a pas voulu se nommer lui-même, a consacré deuxvolumesàla gloire du héros. Voici comment il d^'finit le personnage

de Guignol :

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c Bon cœur, assez enclin à la bamboche, n'ayant pas trop de scrupules, mais toojonrs prêt à rendre service aux amis ; ignorant, mais fin et de bon sens ; qui ne s'étonne pas facilement ; qu'on dupe sans beaucoup d'eflbrtsen flattant ses penchants, mais qui parvient presque toujours à se tirer d'affaire. » Guignol, en un mot, est le type du gone qui a traversé la vie sans vieillir.

Depuis quelques années, il y a une tendance à délabser le répertoire classique, et les parodies d'opéras en vogue paraissent être surtout goûtées. Je ne chicanerai là-dessus, ni les imprésarios, ni le publici mais ce genre me parait tout uniment l'avant-coureur d'une décadence.

Néanmoins, il est encore de bonnes heures à passer pour l'amateur, et à condition que vous ne craigniez ni le manque de place, ni le manque d'air, ni la fumée, ni les mots gras et un peu salés, vous pouvez vous désopiler la rate de la belle façon, en allant y prendre une tasse de café dont votre sommeil n'aura rien à craindre.

Nous ne pouvons quitter Guignol sans donner un souvenir à des personnages de la même famille, qui ont fait nos délices d'enfants dans un tout autre répertoire, et manœuvres par d*autres procédés : je veux parler des poupées de la crèche. D'autant mieux que ce sont elles qui remplacèrent les marionnettes de Mourguet, dans le premier théâtre qu'il avait ouvert rue Noire. .

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Mais rinstitution est des plus anciennes, comme Tattesle le répertoire oblif^c de ce genre de spectacle, où la représentation de la Crèche de l'enfant Jésus tient la première place. Il y a là une filiation directe avec les anciens mystères.

Deux des personnages traditionnels sont le père et la mère Coquard, vieux bourgeois lyonnais, qui, munis d'une lanterne, se rendent à la crèche, puiscbantant un couplet où il est question des brouillards, exhortent les enfants à être bien sages afin que les parents les ramènent « le jeudi et le dimauche. »

Plusieurs théâtres de ce genre existaient à Lyon ; il n'en reste plus qu'un, rue Sainte-Mariedcs-Terreaux. Quand j'étais enfant, j'y ai vu Barhe-Blcue, Jeanne Dure, La f^râce de Dieu et le Retour des cendres de V Empereur . Les poupées m'apparaissaient comme de minuscules personnes en chair et en os, et, pour un peu, je les eusse embrassées pour les remercier du plaisir. On y allait encore à l'âge de douze ans passés, avec moins d'illusion, mais non sans bonheur.

Maintenant, les petits de trois ans à peine se disent : « Regarde donc la ficelle qui fait bouger le bras î »

Je craindrais d'être accusé d'irrévérence, en disant que la préfecture fait partie du Lyon qui

s'en va ; pour sûr, elle fait partie du Lyon qui émigré.

Il n'y a pas un siècle que les préfets ont remplacé les gouverneurs du Lyonnais : ils en sont à leur troisième logement, et encore ont*ils reçu congé dédit, bien et dûment signifié. Installés, en qualité de préfets du département de Rhôneet-Loire, à Thôtel de Varissan, rue Boissac, ils sont venus, préfets du Rhône seulement, dans l'anciencouveht des Jacobins; puis préfets-maires, à Thôtel de ville, et les voilà, qui redescendus simples préfets comme devant, vont passer le Rhône et s'établir c sur le terrain des hospices » comme de vulgaires fabricants de produits chimiques.

En quittant la place des Jacobins, ils ont dû jeter un sort sur le quartier. On y avait élevé une fontaine, laquelle, au cours de la construction, à changé une fois ou deux d'alignement ; à la parfin, on l'a emportée à Perrache. Nous en avons maintenant une autre que chaque habitant de la place voudrait encore pouvoir pousser un peu, qui à gauche, qui à droite. Quand à la naïade appelée à y fixer ses pénates, bien fin qui en dira le nom.

Car, lorsque vous et moi appelons ce monument une fontaine, c'est une façon d'être aimables envers notre ami André, auteur de ce petit chefd'œuvre. Mais il n'y a pas plus d'eau qu'à la fon«

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