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LE LYON QUI S EN VA

taine du Chemin-Neuf ou à celle de Saint- Just(i). Et dire que dix-sept projets se disputent l'honneur de déverser au choix l'Ain, le Khône ou la Loire dans nos rues !

Donner de l'eau^ c'est pourtant la raison de toute fontaine en général et de celle-ci en particulier. Vous n'ignorez pas^ en effet, que la construction du petit édicule de la place des Jacobins est la conséquence d'un It^s fait à la ville avec affectation spéciale.

fl existait autrefois, sur l'ancienne place triangulaire, une de ces pompes à long balancier, dont le jeu avait quelque cho.^e de la knle majesté des antiques norias. Un habitant de la place, que sa santé retenait constanmient dans sa chambre, agacé, toute sa vie durant, par le grincement monotone de l'engin et voulant épargner ce supplice aux générations futures, laissa une somme, sous la condition expresse que la pompe à balancier serait remplacée par une fontaine fluente. La moitié de ses intentions a été remplie ; la pompe a disparu, mais on attend encore le filet d'eau qui doit alimenter le seau des ménagères du quartier.

Au couvent des Jacobins se rattachaient plusieurs souvenirs historiques. En 1316, le conclave s'y réunit pour donner un successeur à Clément V.

(l) Ceci était écrit au coninicnccnicnt 4e 1885,

Depuis deux ans et demi, les cardinaux assemblés à Carpentras n'avaient pu se mettre d'accord pour cette élection, et les mêmes hésitations menaçaient de se renouveler à Lyon. Mais Philippe, le frère de Louis le Hutin, les enferma sous clef et fit griller les fenêtres. Au bout de quarante jours, les cardinaux convinrent de s'en remettre à la décision de Tun d'eux, le cardinal d'Ossat. Ainsi investi de pleins pouvoirs, d'Ossat vola simplement pour lui-même : « Bgo sumpapa, dit-il, je suis pape », et c'est ainsi qu'il fut élu et couronné sous le nom de Jean XXIL

Est-ce que certains membres de nos comités électoraux n'ont point hérité un peu de ces traditions ? Et ne les voit-on pas brasser consciencieusement la matière électorale pendant une année ou deux et préparer la candidature forcée, à seule fin de pouvoir dire, à un moment donné : « Et maintenant, c'est moi qui suis candidat ! »

Trente ans après l'élection de Jean XXII, le i6 juillet 1349, ^^ dauphin de Viennois, Humbert II, revêtit à Lyon l'habit des frères Prêcheurs. Il venait de céder solennellement ses états à Charles de France. Ce prince prit le titre de Dauphin qu'août porté tous les fils aînés de l'ancienne monarchie. Monté siur le trône en 1364, il est — soit dit par parenthèse — le seul roi de France qui ait mérité le surnom de « Sage ».

C^est aux Jacobins que furent enterrés Jacques

lie Bourbon et son ÙU J-ienc-, deBrignais (13 avril 1362). l'i bmilles lyonnaises avaient ki l'église da couvuiil : ks (iachi iusCapponi, ks Orh.nijiiii. les; Le tableau de Salviali. V /'i Tliom^s, que l'on voit au 1 ,0 chapelle des Gadagne.

Ilestregrettablcquecltc ^.'gli^■L' ail élO dOmnliu, mais on a constaté que la Reslamalioii avait plus ^ibattu d' églises que la Rcvoliilion niCiiic. T.aperuest d'autant plus fàcluusc que Tendruit était indiqué pour être le centre d'une pami^^c, l,e préfet Vaisse voulut y i-ebàlir une t'glisc. dont la

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création aurait permis la suppression de Saint- Pierre. Mais les fabricîens de Saint-Nîzier et de Saint-Pierre, bien loin de se prêter à une entente, faillirent se prendre aux cheveux. — En disant : < aux cheveux », je suis on ne peut plus gracieux pour ces messieurs, et vous m'accuserez peut-être de flagornerie et d'exagération.

La rue Saint-Dominique fut ouverte par le baron des Adrets. Le couvent des Jacobins avait une entrée par un passage pratiqué dans la maison qui porte le numéro i, et qui appartenait à la communauté des fabricants d'étoffes d'or, d'argent et de soie. Une inscription rappelle encore aux passants le souvenir de l'illustre corporation qu'on appelait, par excellence, « la Grande Fabrique. »

Ne perdons pas de vue que nous allons aux Célestins. Mais, au risque de faire notre entrée par le moins beau côté, prenons par la rue Écor. che-Bœuf, afin de revoir un peu ce quai de la Saône dont nous avons à peine parlé.

Il coule tant d'eau dans leurs deux rivières, que les Lyonnais se croient excusables d*avoir des fontaines sans eau ; de même, ils ont longtemps pensé être, de par la hauteur de leurs maisons, dispensés d'avoir de l'ombre sur leurs quais^ et encoie à présent, une administration prudente

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