L ANCIEN ET LE MODEKNE CONFLUENT
jeune prince n'en part pas moins pour Tournon, ou il meurt deux jours après.
Le verre d'eau contenait-il de « la poudre d'arsigny sublimé » comme le dit l'arrêt d'accusation dressé contre l'Italien ? la mort fut-cllc simplement le fait d'une buisson a])sorbcc trop froide, par un jeune homme déjà faible et m:iladif ? L'histoire n'a pu résoudre la question. Ce qui demeure acquis, c'est l.i c )ntlauinatic^n tîe Montecuculli, écartelé et décapité rue Cuendte^ sous l'accusation u d'être venu en France exprès et en propos d'empoisonner le roi. » Le nom de François-Dauphin a été donné à une rue, mais l'endroit choisi n'est nullement celui que semblait indiquer la tradition.
C'est au devant du monastère Sainte-Claire que fut découverte, dans la vSaùne, en 1766, cette jambe de cheval en bronze qu'on admire au mu;ée de Lyon. Deux autres débris de même nature ont été trouvés, l'un sur la rive opposée, l'autreenhant de la montée Saint-Sébastien ; ce qui suppose au moins l'existence, à ré}K)que romaine, de trois statues équestres monumentales. Si l'on y joint la statue colossale de treize à quatorze mètres de hauteur qui devait s'éle\'cr quai Saint-Vincent et dont les fragments sont aussi au musée, on voit que le Lugdunum antique était autrement riche en monuments de ce genre que le Lyon moderne.
La rue de Jarente est une vérirable mine de mosaïques. Récemment encore, les travaux de voirie ont mis au jour d'importants fragments. Mais la perle de ces trouvailles est la superbe mosaïque découverte le lo février 1806 dans le jardin de M. Macors, et représentant les courses du cirque.
Les Romains avaient couvert de villas ces fraîches îles du confluent. Peut-être s*y éJevait-il de somptueux établissements de bains destinés à faire oublier Gaëte et Baies aux opulents patriciens que leurs fonctions retenaient dans la métropole des Gaules, et ces mosaïques ont été foulées par le pied des danseuses grecques et des joueuses de flûte.
Oui saura jamais ce qui reste encore de richesses enfouies dans notre sol, et surtout ce qui eu a été détruit !
Je ne sache pas de monument qui ait plus à se plaindre de la main des modernes que la vieille basilique d'Ainay. D'autres édifices ont été modifiés, transformés. Ainay a été dépaysé ; c'eit un banni.
Elevée au confluent de deux fleuves, entourée de ces verdures vivaces qu'entretient le voisinage des eaux, l'abbaye profilait sur le plein azur du ciel son logis princier, les tours de son église, ses
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annexes et ses dépendances. Tout a élc dctniit, sauf l'église, qui se trouve niainlcuanl noyée dans un océan de bâtisses et d'inruLiiblcs de lîtos rapport.
Telle quelle, elle est encore bulle et captivante. Cette victime de notre industrialisme moderne, avec sa pbysionomie arcbaïc|ue. ^on porclie roman et sa coupole b3'/antine. On diiail d'une reinedes légendes, isolée de son cortège, se dressant avec la couronne traditionnelle et drapée dans la clia^^e aux plis rai des et lourds.
Au dedans tout e^t demi -jour et mystère. Et on se prend à regretter qu'un uuiunnent où l'âme se sent si biencmporlée par lerèw. n'occupe i oint, comme nos pères l'ont cru, remplacement du temple d'Auguste et des arènL> où tomi)èrtnt les })remiers disci[)les du chi isliani^nie dans les Cjaules.
Ainay n'en p;')S-ède })as moins les cob unies tpii .-e dressaient aux deux côlés de l'autel d'.Vui'uste. Faites de deux piècescbacune, elles ont fourni les quatre piliers qui supportent la coupole du cbœur. Quant à la traditie-n qui a placé la sépulture des martyrs dans la cr\-pte d'Ainav, elle n'est, d'aucune façon, in\ laiscmblable.
Si les cbrétiens ont été mis à moit dans la cité romaine, leurs corps owi été jeté> à la Noiiie suivant Tusage; or la \-oirie de LuL^dunum élaii au bas du puy d'Ainay. Des disciples dévoués ont
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donc pu traverser de nuit la rivière et recueillir ces restes vénérés pour les enfouir au milieu des bois du confluent. Si Ton admet l'hypothèse d'une exécution dans ramphithéâtre fédéral, l'autorité sacerdotale a dû veiller à ce que les corps des suppliciés fussent transportés aux confins du territoire sacré pour y être réduits en cendre. Là des mains pieuses les ont ensevelis.
Vers là fin du quatrième siècle, quelques solitaires formèrent une communauté qui avait pris un certain développement, lorsque Brunehaut favorisa Ainay de ses libéralités royales. De siècle en siècle,le monastère acquit de l'importance, et les abbés devinrent de puissants seigneurs, hauts justiciers, levant des hommes d'armes et, dans leurs démêlés, le prenant de très haut avec les archevêques.
Assez^ souvent les souverains, de passage à Lyon, logeaient à Ainay. François P', J^larie de Médicis, Louis XIII, Anne d'Autriche furent les hôtes du palais abbatial. Hâtons nous de dire que, depuis l'année 1507, le monastère avait un abbé commendataire. On sait qu'une abbaye eu commende devenait une espèce de fief donné par le roi à quelque heureux bénéficiaire dont la vie ascétique était le moindre souci.
On a longtemps disputé sur l'étymologie du mot « Ainay », allant chercher au loin des parrains quand il était si simple de prendre le véri-