I. ANCIi'.V L'r l.l'; XrODI- l,f.T (OMI.t l S'[ 2U
table oit il est — c"csl-;i-iJJii>, t!i face. C>:uitiic toujours, c'est la langue grecque qui .1 fait les frais de la discussion. Parce que l'Olétueut liL-llênîqtie a tenu une graïuie place lians ks i>rif;infs de leur cité, les aiicieus lyouiiuis avaieiU un faible pour les étymologie-^ grecque-.
Il faut pourtant convcuir qu'il u'cst rien resté dans notre parler usuel, de la langue ii'Attiqiic et dTonie. A peine serait-il periuis d"en \oir uue tiacedans l'emploi abusifdu Tarticle ; par ext mple, qu.ind un gone demande « un jku de la ]jl:;re « on déclare « n'avoir pas de Targeul ».
Toutefois, il est à noter que le viicahlc du |)rcmier sanctuaire érigé ùAinayparle diiislianisnie était Saint-Atluuiase. L'appellation Saint-Martin n'est venue qu'après. Toutes les églises de I.yon oui été ainsi successivement débapiisées, ce qu' n'a pas laissé que d'emb.in-asser les éci îvains et de jeter du trouble dans leurs recherches.
Il y a U une manie locale qui étend assez souvent ses fantaisies au.\ persoiines. Une bonne moitié des Lyonnais — de ceux, au moins, qui ïont nés dans la pretuière moitié du siècle — sont constamment appelés par un nom autre que celui dont ils ont été pourvus Ù leur naissance.
Puisque nous p.ailous des noms et des tradlliotis, constatons que si nous n'avons rien retenu des Grecs, nous paraissons avoir gardé qEielque cliosç des Latins. Nulle part, m effet, on ne
trouve aulant qu'à Lyon ces prénoms à physionomie romaine : César, Auguste, Claudius.Marc- Anioine, Victor, Marins, desquels on peut rapprocher les appellations à désinences latines : Pétrus, Joannès, Maria.
Mon bavardage ne doit pas nous faire oublier que nous sommes partis à la découverte du confluent et que, d'Ainay à la Mulatière, il y a loin.
C'est en 1770 que Perrache commença cette double digue destinée à reculer le point de jonction du Rhône et de la Saône. L'opération n'alla pas sans encombre. Le domaine royal considérait comme siennes les îles que baignaient et trop souvent submergaient les deux eaux. La plus importante appartenait îi. un sieur Moignat qui, pour lutter contre les prétentions du domaine, employait toutes les armes — même celles d'Apollon, et qui décocha au grand roi ce quatrain :
Qu'est-ce pour toi, grand monarque lies Gaules, Qji'un peu de sable et de gravier ?
'^■"' ''aire de mon tle ? Il n'y croît que des saules. Et lu n'aimes que le laurier.
le manque jamais de dire que a Perrache : un quartier» sur les deux fleuves. l'admire 3eur du projet et l'énergie qu'il fallut pour ser; mais la conquête —non. A mon avis,
LANCIFN FT I.K M()I)I'-I>:M- (-.(iMiri- NI
c'est une conqiictc iiKilliciiifnsc^ cniiiniu il s'en trouve plus d'une dans notre histoire.
OCi s'étalait une sorte de lac, semé d'un :ucliij)tl frais et verdoyant, dont la \iie in>pii;i mie i)ii^;e célèbre à J.-J. Kcnis^ean, et ([ui foiniail un tapi.-. enchanteur sous les yeux des clialelains de Saintc-Foy, Pcrrache a créé un banc de gra\ier, et nr)tre temps y a mis ])ar surcioît de laides usines, des entrepôts de charbons, de [)i(). aïque^ établissements.
Comment comprendre aujourd'hui le charme que nos aïeux trouvaient à la j)iomeuade des Etroits? Cela nous semble traduit d'une Luii-ue morte et se rapporter à quelque c(>ntrée inconnue, quand nous lisons, par exemple, les vers suivants adressés au Rhône et à la Sa^ne :
Fleuves majcstucu:-:, lIcvlv.-vdu', cii voûles. Li\, près de nos icinj\ii ts, .iriélc/. voiic c un:,, ]\iisque, dans vos deux lit, el tians Icuiles ve-^ roiiUs, Rien ne repeindra niicu:: à ver. ei.-'iie.s anu<urs.
Perrache et Morand étaient conleiiipc^rains, et leurs deux entrej)rises sont sœurs. Mais, de^ deux, Morand est celui qui a vu juste, el le (piartier qu'il a conquis en établissant le pont cpii porte son nom, cessant depuis lon^^emps d'être une colonie, est en train de devenir la métropole.
Perrache hélas ! n'a pas même été un utilitaire. I^e premier client qu'ait trou\'é sa ])reS(pi'îlo,
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après cinquante années d'attente — le chemin de fer — regrette déjà d'avoir pris pied sur ce terrain malencontreux.
Embarrassés de leur conquête, nos grands-pères eurent un moment l'idée d'y bâtir un palais pour le roi de Rome. Toute idée politique mise à part, je regrette sincèrement qu'ils ne l'aient pas fait. Une création de ce genre pouvait seule sauver ce quartier. Sans compter que nous aurions ainsi trouvé une préfecture toute prête.
Je me trompe, en disant que le chemin de fer est le premier client de la presqu'île; la prison Saint- Joseph l'avait précédé. Afin de ne pas laisser Perrache complètement déshérité, on lui a de plus concédé le privilège des exécutions capitales. Encore quelques concessions de ce genre et le quartier sera charmant.
Mais cessons d'accabler la mémoire d'un travailleur consciencieux, qui vit avec les yeux de son temps et osa entreprendre ce que nos ingé. nieurs regarderaient encore comme une grosse besogne. On étouffait dans le Lyon du siècle dernier, et l'idée dut venir d'agrandir le delta, en dehors duquel aucun Lyon ne semblait possible. Je ne vous proposerai pas de visiter, au retour, la manufacture des tabacs. Si vous n'êtes pas fumeur, la vue de l'établissement vous est indifférente ; si vous fumez, mieux vaut vous en tenir au proverbe qui conseille de ne point voir faire la cuisine qu'on doit manger.
En remontant !a rue nouiboii, nous saluerons laiilaceofi doit s'ûlever la slalue irAinjùrc, im savant doublé d'uu brave lionune et d'un niimiii-eux dêlieat. Il f.iiil aussi accorder un soiiVLnir à l'évêque de Genève qui viut mourir ;\ I.yiui, nature tendre, es])rit afTiné, :\ la |ieiisée iimT'n.le, à la parole indulgente, et qui a donnO son m-ui à l'église Saint- François-de-Sales.
Ainsi se terminera cette |iruuicuade. On jiassc vitedaus ces rues qui ne si>ul ijuu des par\enues, sans aïeux et 5ans liiiloire.