LE PONT DE LA GUILLOTIÈRE
au culte du soleil ou de Bal, et le nom de Velin ouBelin expliquerait la présence de ces tumulus sur la rive gauche du Rhône.
Voilà bien des souvenirs rétrospectifs et bien des hypothèses d'ordre transcendant, à propos d'un quartier habité, jusqu'à ces dernières années, par une population de nomades. Il n'y a pas longtemps que la qualité de citoyen de la Guillotière — j'en demande pardon aux habitants actuels — n'était pas précisément une recommandation. Dans les taudis situés entre la Grande Rue et la Part-Dieu, on avait cure- de l'histoire ancienne comme un poisson d'une pomme, et, des institutions modernes, la police était la seule qui fût prise en considération.
Placée au point d'arrivée d'Italie et de Provence, la Guillotière comptait de nombreuses auberges. Plusieurs portaient des noms assez typiques : hôtel de la Chèvre^ ce devait être un des gîtes préférés de ceux qui amenaient ce bétail sur pied, à l'époque où il était de consommation courante ; hôtel des Trois paquets de mauve^ rendez-vous des marchands de vulnéraire des.
Alpes ; hôtel du Pou- Volant,,, pas de commentaires.
Mais le faubourg avait aussi des hôtelleries d'un rang plus élevé, notamment les Trois Rois, Une inscription rappela longtemps que le roi Louis XI avait cduché dans une maison de la
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Grande Rue : Van mil quatre cent septante-six, louja ciens le noble roy LoutSj la veille de Nostre Dame de Mars, Le château de la Motte, hébergea Marie de Médicis, fiancée à Henri IV, et plus tard, Louis XIII.
Malgré Touverture de voies nouvelles^ la grande rue de la Guillotière est restée très passante, et les dimanches elle offre cette animation particulière aux faubourgs populeux. Cependant, je ne répondrais pas que, de ci, de là, vous ne trouviez, dans quelque recoin abrité, de braves boutiquiers faisant une partie de cartes sur leur porte.
La fête patronale, la vogue de la Guillotière, jouissait autrefois d'une véritable renommée. On dansait dans les prés, — il y avait encore des prés — et c'est là que j'ai vu les derniers quadrilles menés au sou de la vielle.
Le musicien debout, par quelques notes aiguës comme les cris d'un envolée d'hirondelles, appelait les danseurs, et, le quadrille formé, commandait les figures : a Balancez vos dames, la queue du chat, cavalier seul, grand galop. » Auprès de lui, sa femme tenait une chandelle dont la flamme, protégée par un cornet de papier, n'avait guère d'autre emploi que de faciliter la recette des dix centimes dûs par chaque cavalier.
Il y avait, comme cela, de trente à quarante quadrilles se mouvant dans la pénombre. Ce