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LE PONT DE LA GUILLOTIKKK

n'était point l'cclat de nos bals iictucls; mais je vous gage, sous

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles,

il y avait plus de décence et de retenue que sous leslustres flamboyants de nos établissements publics.

La Guillotière ancienne, comme tous Us faubourgs de Lyon , est pauvre en monuments.

Lyon même n'en a point à olTrir, en nombre et en importance, autant que le feraient présumer l'ancienneté et la richesse de la ville. Tl semble que le souvenir des destructions que la cité eut plus d'une fois à subir, ait pesé sur l'esprit de nos pères.

Les Normands, gens non moins positifs et pas davantage artistes, ont semé leur sol de monuments remarquables, tandis que les Lyonnais s'évertuaient à ne rien faire qui trahît plus qu'une bourgeoise médiocrité. Il a fallu qu'ils arrivassent au dix-septième siècle pour se risquer à bâtir un hôtel de ville digne de la cité.

Saint-Louis, restée l'église principale de la Guillotière, est une ancienne chapelle conventuelle. Les religieux franciscains qui la vlesservaient méritent une place dans les annales lyonnaises, à cause d'Henri Marchand, un des leurs,

qui construisit les deux globes conservés à la bibliothèque de la ville.

Lorsqu'il fut fait grand bruit autour des ré-? centes découvertes du voyageur anglais Livingstone dans la Haute-Egypte, le Lyonnais bien connu qui occupe les fonctions de bibliothécaire de la ville, fit remarquer à ses concitoyens que, dès Tannée 1701, Tauteur des deux globes en question avait nettement tracé le cours du Nil supérieur. Ce voyage d'exploration dont l'univers entier s'était émerveillé, avait été eifectué, deux siècles plus tôt, par les missionnaires, et il eût suffi de consulter le travail d'Henri Marchand pour connaître ces régions réputées inconnues.

La Guillotière moderne est en train de s'enrichir de nombreux monuments. Le premier en date est celui qui abrite la faculté de médecine et la faculté des sciences. Ce sont là demeures princières qui n'arrivent pourtant qu'à faire maigre figure, depuis que la fièvre scolaire s'est emparée du pays et qu'on a mis ce que nos grands-mères appelaient des écoles foireuses, dans de véritables palais.

Ce n'est point que je m'attarde à regretter les anciennes classes, étroites et peu aérées, auxquelles l'écolier accédait par une allée noire et par un escalier à se rompre le cou. Mais n'a-t-on pas confondu, dans une même préoccupation, le contenant et le contenu ? Nos anciens savaient

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