IV PREFACE
lecteur ont écrit son histoire en solennels in-folios, d'autres se sont contentés d'études moins lourdes, de volumes plus minces, de brochures, de plaquettes ou de simples articles de revue.
Le langage lyonnais a fourni la matière d'un dictionnaire du Gourguillon ( PuitspeJu scripsit ) infiniment plus intéressant et plus complet, surtout, que le dictionnaire de l'Académie officielle.
Tous ont fouillé, tour à tour, dans les manuscrits et les archives pour découvrir un document inédit, une étymologie nouvelle qui vînt éclairer un de ces points obscurs autour desquels nos archéologues se livrent de si terribles batailles. Combien de papier n'a-i-on pas noirci à propos du nom seul de Lyon ?
Lugdunum signifie-t-il le Mont-Corbeau ou la Cité des Lagunes ?
Gardons nous d'approfondir ces mystérieux problèmes dont l'étude passionnée et toujours nouvelle démontre mieux que toute glose le sentiment de vénération qu'éprouvent les Lyonnais pour tout ce qui touclie aux origines, à l'existence et aux gloires de leur antique berceau.
S'il en fallait un nouveau témoignage, vous le trouveriez dans ces Promenades à travers Lyon, que l'auteur a bien voulu nous charger de présenter au public.
Précaution inutile, disons le vite. M. ^ Bleton-Josse n'avait guère besoin d'un héraut. Son livre A travers la France^ son Histoire populaire de Lyon, ses recherches intéressantes sur les finances lyonnaises avant 1789 constituaient des titres tels que ces quelques pages ne sauraient y ajouter grand renom.
La seule justification de cette préface, c'est que nous
l'H^ACi: V
fûmes témoin ùc Li naissance des PronhinuL-s lyouiuiscs.
Appelé jadis à la direction du plus vieux des journaux de Lyon, l'idée nous était venue de stimuler le palais du lecteur un peu blasé par les garg irismes do la politique. en lui servant, chaque jour, un plat du crû.
Pendant une année, sous le titre de Tii''!/Hrs lyotinaises, le Courrier dô Lyon publia donc, tous les soirs, un article traitant de Lvon, des choses de Lvon et des hommes de Lyon .
La tâche n'était pas des plus aisées, dans une ville peu mouvementée, peu mondaine, où font défaut les incident qui alimentent la chronique des Echos de Paris ou de toute autre capitale. Aussi fallut-il fitire appel à l'imagination et au zèle de plusieurs collaborateurs pour soutenir le programme annoncé. Chacun avait choisi son jour et adopté son genre, suivant ses affinités et ses aptitudes.
Celui-ci commentait de sa plume alerte et acérée l'évè" nement de la journée ou de la veille ; celui-là se livrait à Texploration fantaisiste ou pittoresque du Lyon inconnu, un autre glanait dans ses souvenirs les miettes de l'histoire locale. Monsieur Josse, lui, s'était réservé le dmianche pour conduire le lecteur, bras dessus bras dessous, à travers les rues, les places, les quais, les montées et les descentes de notre bonne ville.
Ces promenades familières plurent rapidement, grâce à leur bonne humeur, à leur tour aisé, à leur érudition solide et sans pédantisme, relevée d'une pointe de malice. Monsieur fosse n'avait garde d'oublier, en effet, qu'un vrai Lyonnais doit rire en dedans, sans avoir l'air de trop y toucher, des travers de ce bas monde, et, en plus d'une page, sa raillerie gauloise savait viser juste.
Cç sont ces tournées hebdomadaires, ces courses dy