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(1) Lenoir affamé, grelottant dans sa masure des Petits-Augustins, blessé dans l'Éccompieéraont de son devoir est traité, par cette LS nee (le Conservatoire du Muséum) de hauts fontionnaires vaniteux, fainéants et imbéciles, comme un intrigant qui veut se faire une position ! — C'est odieux, mais c'est bien naturel. . (L. Courson. — Introduction au Journal de Lenoir, p. czxr. D'après 14 notes 385 et 520
du journal, Lenoir était réduit, après autorisation ministérielle, à
chauffer son musée avec ‘une narlie de ses collections de sculptures en bois.)
de plusieurs artistes pour sauver des monuments du Moyen âge, regardés comme inutiles » !
Jugez ce que devait souffrir un tel dévot d’art lorsqu'il recevait l’ordre (en moins d’un mois, d’octobre à novembre 1793) de livrer aux Comités révolutionnaires quatre cent quatre-vingt-dix portraits peints à l’huile, en pied et en buste, de nobles, prélats, princes, etc., pour être brülés publiquement ! En même temps, les commissaires aux plombs lui enlevaient « quatre figures provenant de Sainte-Geneviève et deux anges adorateurs provenant de Saint-Chaumont.…. » (1).
Toutes les églises, tous les châteaux, toutes les abbayes sont dépouillés de leurs richesses, dont les épaves, — trop souvent incomplètes et mutilées, — vien-
nent échouer aux Petits-Auguslins.
(1) Le 9 du deuxième mois, même année (le 4er mois de l'an II a commencé le 22 septembre 1793), en vertu d’un arrêté de la commune de Paris, il a été remis au GC. Lalande, commissaire de police, accompagné d'une députation des membres du Comité Révolutionnaire de la section de l'Unité, cent quatre-vingts portraits peints à l’huile, en pied et en buste, de nobles, prélats, princes, etc., qu'ils appellent /éodaux, pour être brûlés, à la fête populaire, dans le jardin de l'abbaye Saint Germain, en face du lieu de la Section.
Le 16 brumaire, remis au GC. Roze, Commissaire du Comité de Salut Public, pour la recherche des métaux, neuf cent trente livres pesant de plomb provenant des démolitions des mausolées et tombeaux précédemment enlevés. Plus quatre figures provenant de Sainte- Geneviève et deux anges adorateurs de Saint-Chaumont. Le reçu signé Roze, commissaire du Salut Public.
Le 21 dudit, une députation du Comité révolutionnaire de la Section du faubourg Montmartre enlève, au nom de la Commune de
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. La Terreur enfin passée, Lenoir peut organiser son « musée des monuments français ». Que de lrésors, que de reliques aussi il a su réunir! Les statues et les pierres tombales de l’abbaye de Saint- -Denis, les tombeaux de Charles- Martel, de Philippe le Bel, de Duguesclin, de Charles VIT, le mausolée de Jean Goujon, les monuments funéraires de FrançoisI®", de Diane de Poitiers, de CharlesIX, le cénotaphe d’Iléloïse et d’ Abailard, les délicieuses ee de Germain Pilon portant l’urne enfermant le cœur de [Henri II sont disposés sous les voûtes cintrées du couvent des Auguslins, les portiques du château de Gaillon, la façade du château d’Anet et parmi les verdures de l'Élysée : « Jardin calme et paisible où l’on voit, écrit Lenoir, plus de quarante slatues et des tombeaux posés
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..Le 26 dudit, en vertu de l'arrêté de la PRE le sicur FES et les Commissaires députés ‘du Comité révolutionnaire de la Section de l'Observatoire ont ne du Dépôt, cinquante-quatre portraits dits /éodaur, pour être brûlés.
Le 11 dudit (Prairial an IT) il a été remis au C. Roze, commissaire du Comité du Salut Public, préposé à la recherche des cuivres à l'usage des canons, savoir : cinquante-sept morceaux de cuivre doré provenant des bide des tombeaux de Saint-Louis-de-la Culture, plus deux vases en bronze du tombeau des Condé.
Lenoir sauva les figures principales de ce tombeau à l'aide d'un Stratagème qui lui aurait coûté la vie s'il cût été découvert. On lit, dans les papiers de Lenoir conservés aux Archives Nationales, sur l’un des reçus délivrés par les Commissaires du Comité de Salut Public, cette note sutographe :
« Nota : Je n'ai pu préserver les figures en bronze de Sarrazin,
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L'ÉCOLE DES BEAUX-ANTS Si X £ à et là sur une pelouse verle.…., des pins, des cyprès les accompagnent; des larves et des urnes funéraires posées sur Iles murs concourent à donner à ce lieu de bonheur la douce mélancolie qui parle à l’âme sensible. » Et les gravures illustrant le texte du journal nous montrent de bonnes dames en chapeau cabriolet promenant des châles Ternaux devant la stalue du roi Dagobert ct un lot d'officiers anglais conltemplant le portique du château d’Anet tout fleuri des D entrelacés de Diane de Poitiers.
L'Empire et la Reslauration vidèrent le musée au profit du Louvre, des jardins publics, des palais, des églises. En 1815, le musée supprimé devint « Dépôt des monuments d'art »;: 1816 en fit une « École des Beaux-
provenant du tombeau de la famille de Condé, qu'en les couvrant moimême d’une couleur blanche délayée à la colle. »
Quel héroïsme ! Une fois la Terreur passée, Lenoir lava ses statucs et les plaça dans son musée. Elles apparaissent sous le n° 124 de la Notice historique des Monuments des Arts réunis au Dépôt National
de l’An IV. Elles furent immédiatement réclamées par le Muséum National des Arts. (Voyez la Nofice hislorique, p. 12.)
De Saint-Germain-des-Prés, deux figures de femmes accroupics, aussi en bronze, Plus quatre ailes de chauves-souris en plomb, du tombeau de Birague, de Saint-Louis-la-Culture ; deux petits alorateurs, aussi en plomb, venant de Saint-Chaumont, rue Saint-Denis.
…Ledit et !e 42 suivant, après en avoir obtenu l'ordre, je me suis transporté à la Commission des Armes pour retirer de la fonte quatre figures én bronze représentant des Vertus, et les figurés à genoux de Henri II ct de Catherine de Médicis. Le tout provenant de! Saint-Denis et du tombeau des Valois, Je n'ai pu les obtenir qu’en sacrifiant d’autres pièces en cuivre pour former Ie même poids... » (Louis Courason : Journal d'Alexandre Lenoir, tome I, pages 18, 19, 57.)
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Arts »; enfin, en 1819, les architectes Debret et Dauban
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Lenolr, dsl, G nyet, scnlp. É «4 - JARDIN ÉLYSÉE, ÿ SN 1 ; Vue du tombeau de Jacques Rohault. FPS eV commencèrent, sur les terrains du musée, l’établisse- À
Reville, 1820.
NTS FRANCAIS.