ENIRÉE DES GRANDES SERRES
Pbotog. H. Stresser
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en France pour la culture des plantes rares et le trop maigre budget du Muséum ne permet pas d'acheter le
soufflait, agitait toute cette moisson de brins serrés, d'une transparence et d'une beauté merveilleuses... Oh! que n’étais-je hors de ce sale Paris, dans la campagne libre et solitaire | s — Correspondance. (Hachette, 1902.)
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charbon nécessaire. 28 de chaleur à entretenir de février à août, cela coûte 6.000 francs, et l’on a dû y renoncer. La « Victoria Regia » ne Heure bee à Paris ! à
Quittant à regret ces pauvres serres qui menacent ruine, hélas! nous retraversons le grand Jardin ensoleillé où les bâtiments s’effritent, où les clôtures se disloquent.… (!) Tout cela va-t-il disparaître et l'indifférence des pouvoirs publics laissera-t-elle périr — faute de ressources — celte superbe institotion qui reste une de nos gloires françaises?
Un espoir s'offre aux fidèles du passé. Une société vient de se fonder : «les Amis du Muséum », sous la présidence de son très éminent directeur M. E. Perrier; tous les professeurs de l’admirable établissement, MM. Vaillant, Becquerel, Stanislas Meunier, Hamy, Van Tieghem, etc., ont tenu à honneur de s’y inscrire dès le premier jour, et au premier appel les souscriplions ont afflué; la cotisation n’est que de dix francs. Nous voulons croire que tous ceux qui aiment l'antique « Jardin du Roi » — où nos mères nous conduisirent enfants, comme elles-mêmes y avaient été conduites par nos grand’'mères, — que tous les bons Parisiens encore altachés à leur Paris auront à cœur de payer leur delte de reconnaissance et d'amour au vieux Jardin des Plantes en péril.
(4) Dernièrement, la parfaite artiste, Mme Madeleine Lemaire, manquait des fleurs nécessaires pour les distribuer comme modèles anx élèves des cours qu'elle professe avec tant d' éclat au Muséum
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Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1871, pendant que les obus tombaient sur Paris assiégé et affamé, quelques professeurs du Muséum, réunis dans un bureau, causaient douloureusement des misères du temps et bénissaient les braves cœurs venant au secours de la France meurtrie. Tout naturellement, le nom de sir Richard Wallace,
ce dévot de Paris, ce bienfaiteur du Muséum, cet ami des
mauvais jours, fut prononcé... Presque au même moment, un bruit effroyable ébranla la maison : un obus venait d’éclater dans une serre voisine... Nos savants se précipitent : tout est brisé, émietté, anéanti! Seules quelques fleurs ont échappé au désastre.
Alors, pieusement, respectueusement, ces professeurs ramassant les fleurs épargnées, en forment un bouquet et ont l’idée charmante de l’offrir, comme un témoignage de reconnaissance, à sir Richard Wallace, à l'homme de bien qui — comme eux — souflrait des malheurs de notre pays...
Une lettre rédigée par le vénérable et illustre Chevreul et signée par tous les professeurs accompagnait ce bouquet sacré... J'imagine qu'en ses précieuses colleclions Richard Wallace dut réserver une place d'honneur à ces éloquentes fleurs du siège! Le Muséum avait reçu quatre-vingt-sept obus ! (1)
(1) Lettre de Monsieur Chevreul à Monsieur Richard Wallace.
Monsieur, Paris, le 15 de janvier 1871.
Dans la nuit du 8 au 9 de Janvier 1871, quelques professeurs du Muséum d'Histoire Naturelle parlaient des misères du temps, du siège