LE PALMARIUM VERS
& de Paris, événement dont Mn même 'ansmentsi la gravité. On = s’étonnait du calme de l’Europe civilisée du xixt siècle assistant à ce mais plus accessibles aux sentiments généreux qu'aux
PES spectacle ; à citer quelques noms étrangers
passions haineuses, nous aimions
| LES AU JARDIN DES PLANTES Ie 4 N, - et veulent le secourir... Il se pare de ses plus belles fleurs - et nous crie : « Allons, Îles amoureux de Paris... au
# Li A 3 < à ; | Fe LÉGER Louis Marvy, del.
De LES GRANDES SERRES, é
… portés par des cœurs vraiment français : et voilà comme le nom de
= Richard Wallace sortit de plusieurs bouches! - Quelques minutes à peine écoulées, un bruit éclatant interrompt
secours! Donnez pour de vieux murs eroulants, donnez
pour de pauvres animaux, donnez pour des fleurs, donnez pour de la beautél... — Les admirables el modestes savants qui sont l’honneur et la gloire de notre
pairie vous montrent l’exemple à suivre. Acquillez votre dette de reconnaissance, aidez tous ces braves gens à faire du bien... A‘travers les grillages de leur rotonde les singes tendent leurs pattes ridées, les moutons tendent en bêlant leurs museaux roses, la girafe
la conversation ; un obus prussien venait d’éclater; une serre près de laquelle nous étions n'existait Pass et bientôt après un second en détruisait une autre. :
Arrivés sur les lieux, foudroyés par une rage ennemie, quelques
fleurs échappées au désastre frappent nos yeux; et un sentiment de reconnaissance, rendu plus vif encore par le contraste de la destruction, nous suscite l’idée de vous les offrir comme un hommage des professeurs du Muséum rendu à Richard Wallace, dont le nom est désormais inscrit en tête des bicnfaitcurs de la population de Paris.
Je suis heureux, Monsicur, après les marques de bienveillance dont la science anglaise m'a honoré, de vous écrire ces lignes au nom des Professeurs du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris,
Veuillez donc, Monsieur, agréer l'expression des sentiments de ma
plus haute considération. Signé : E. CHEYREUL, Directeur et doyen des associés étrangers de la Société Royale de Londres.
Lettre de Richard Wallace à Chevreul,
Monsieur, 48 janvier 1871.
Jai bica recu hier la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adrosfer en date du 45 de ce mois, ainsi que le charmant pananot qui l'accompagnait.
Ces deux souvenirs me seront Étaloens précieux, croyez-le,
tend son long cou moucheté, l'éléphant tend sa trompe, et les petits oiseaux, perchés dans les acacias, guettent les mieltes du festin... » (1) |
Monsieur; la lettre parce qu’elle a été écrite par vous, et au nom de tant de savants distingués; les fleurs, parce qu'elles ont été élevées par vos soins et qu'elles sont victimes elles aussi de la barbare civilisation qui vous assiège.
J'ai été très heureux de pouvoir rendre quelques services à la population de Paris pendant ces cruels jours; mais, parmi les témoignages de sympathie dont j'ai été l’objet, permettez-moi de placer en première ligne l'expression des sentiments de bienveillänce dont vous avez bien voulu vous faire l'interprète de la part des Professeurs du : Muséum d'Histoire Naturelle.
Veuillez agréer, je vous prie, Monsicur, l'expression des senti-
ments de ma plus haute considération.
Richard WaALLACE.
M. E. CnevreuxL, Directeur du Muséum. | 2
BOMBARDEMENT DU JARDIN DÉS PLANTES PAR LES PRUSSIENS (20 janvier 1871.) :
vx Extrait du Rapport au Muséum.
20 obus sont tombés sur les bâtiments, GT — — dans les diverses parties du Jardin.
Total : 87 obus.
Ce 14 février 1871. Signé : PÉPIN.
(Bibliothèque administrative du Muséum d'histoire naturelle.)
(4) Je réponds à de multiples demandes en indiquant à mes aimables correspondants la façon dont ils peuvent... dont ils doiveni se faire admettre parmi les « Amis du Muséum ». Adresser simplement Ja demande à M. Edmond Périer, membre de l'Institut, directeur du Jardin des Plantes, Paris... ct ils auront fait une bonne action...
Comme c'est simple! — G. C.
PA
E bruit courut dernièrement que les deux antiques L maisonnettes faisant face, sur le Pont-Neuf, à la statue de Henri IV, étaient menacées de destruction, et ce bruit vague, imprécis, suffit cependant pour causer une réelle émotion. Malgré l'incroyable résignation avec laquelle les Parisiens voient saccager chaque jour leurs plus précieux souvenirs historiques, beaucoup s’apprêtaient à protester énergiquement. Nous croyons pouvoir les rassurer... au moins pour aujourd'hui : ni le Conseil municipal ni le Préfet de la Seine ni la Commission du Vieux-Paris ne laisseront pareil méfait s’accomplir, car, si le Pont-Neuf constitue l'une des plus précieuses reliques parisiennes, ces Jeux maisons font partie intégrale du vieux décor.
La place (baptisée Dauphine à cause du dauphin Louis XIII), les quais voisins et les maisons en bordure furent construits sous Henri IV.
Jusqu’alors ce terrain n'évoquait qu'affreux souvenirs d’autodafé : Jacques de Molay, grand maître des Templiers, et Guy, prieur de Normandie, y avaient été
186 ; h TRAVERS PARIS
brûlés vifs par ordre de Philippe le Bel... Depuis, les vaches y paissaient moyennant redevance à l’abbaye de Saint-Germain, et les gamins de Paris s’y « bai-
gnaient tout nus » à la grande colère des blanchisseuses
« tordant leurs linges » sur les bateaux voisins ; mais dès la construction du pont, l'endroit devient :« le cœur de Paris », et tous les tableaux, toutes lés estampes acer le Pont-Neuf et Iés constructions qui sy
trouvent. Processions, fêtes religieuses, réceptions d’am-
bassadeur, illuminations, joutes sur l’eau, duels, tabarinades, attaques nocturnes, rendez-vous Balnts se passent sur ou sous le Pont-Neuf.
. Les occasions ne manquaicnt jamais d'y aller « faire .
tapage et charivari », mais la grande vogue date du dix-huitième siècle; la place Dauphine fut alors le théâtre des événements les plus divers. On y joua d’abord une délicieuse féerie où l’art français triompha ; la comédie politique succéda, et enfin la tragédie révolutionnaire fit entendre sa grande voix soulignée. par les trois coups du canon d'alarme installé contre le piédestal de la statue renversée du roi Henri. Si bien que ces deux maisons basses font un peu partie de l'hisloire de
: France... et beaucoup de l’histoire de PArt! Le matin de
la Fête-Dieu, en effet, la place Dauphine était en liesse : ce jour-là lès « Jeunes Peintres », les « Indépendants », ceux qui, n’appartenant ni à l’Académie royale ni à
l’Académie de Saint-Luc, n'avaient pas le droit
d'exposer au Louvre ou dans des locaux privilégiés,