SE
ANTIHANVA A9V'Id VI A4 LA ANAN-LINO4 AG NA .
12P ‘olo10q
: LA PLACE DAUTUHINE 189
- étaient autorisés à y « présenter au public leurs œuvres, de neuf heures du matin à midi », le long des boutiques
MAISONS DE LA PLACE DAUPHINE Martial Potémont, ag.
côté nord (à cause du soleil). Lorsque les exposants . étaient nombreux, cet éphémère « Salon » débordait sur
le Pont-Neuf, vis-à-vis la statue. et quels noms glorieux portaient ces « Petits Exposants de la place Dau- phine »! Oudry, Restout, de Troy, Lancret, Boucher, …
Naitier, Fragonard, Greuze, etc. C’est ici qu’ont débuté
ces maîtres, c'est sur ces auvents encore revêtus de leur ancienne armalure de fer, fermant aujourd'hui la bou“ tique de quelque mastroquet, de quelque coilfeur ou de quelque fruitier, qu’en 1728 le grand Chardin (il avait
vingt-neuf ans) accrocha, le matin de la Fête- Dieu à L
la Raie, ce chef-d'œuvre, orgueil de ne musée du Louvre (1)! | Dès l’aube, les artistes fiévreux, aidés de leurs cama-
(1) La ruc devait porter bonheur à Chardin ; à une autre exposition en plein vent, l'exposition de la place Dauphine, le jour de la Fète-Dieu, il se faisait remarquer par un tableau représentant un
bas-relief en bronze où ses qualités apparaissaient déjà et se jouaient dans le trompe-l'œil. Jean-Baptiste Vauloo lui achetait ce tableau ct le
lui payait plus cher que Chardin n'osait l’estimer. Au milieu de cela, il restait modeste ct ne songeait guère à l'Académie. Plié aux idées de son père, bon bourgeois qui s’honorait fort d’être membre et
rades et de leurs modèles, installaient eux-mêmes leurs |
hs \
syndic de sa communauté et qui ne désirait à son fils d'autre avenir .
que la maîtrise dans son art de peinture, il se laissait faire, avec
l'argent du menuisier, maître de l’Académie de Saint-Luc. Ce fut la
dernière réception dont la petite Académie put s'enorgueillir.
En 1723, à une autre exposition de la place Dauphine, il exposait avec quelques autres toiles, ce tableau de /a Rate qu'on voit aujourd'hui au Louvre. Devant ce chef-d'œuvre et le peintre qu’il annonçait, les académiciens, amenés là par la curiosité, cédaient au premier mouvement d'admiration : ils allaient trouver Chardin et l’engageaient
à se présenter à l'Académie. (Ed. et Jules de GoxcourT : d'art du 4
dir-huilième siècle, Chardin, p. 5.) .
°&21Snf 29p
S[e[ed NP 59906
*XIVSIQ 44 LNANANON LA ANIHdAVA 49V'Id ANNAIDNV